« Team America, police du monde » de Trey Parker: le « Small Soldiers » des années 2000

Team America est une force policière internationale en charge de combattre le crime et le terrorisme. Afin de maintenir la paix dans le monde, elle doit foutre le bordel partout où elle passe, tirer sur n’importe quel quidam et surtout affronter un puissant dictateur nord-coréen qui vend des armes de destruction massive à des malfrats. Pendant ce temps, Hollywood s’énerve, Sean Penn hurle à l’injustice et Matt Damon passe pour un gros benêt…

Dans ce film de pantins réalisé en 2004, Trey Parker (réal et scénariste) et Matt Stone (co-scénariste), duo de Capitain Orgazmo et créateurs de la série South Park, tournent en dérision le chaos des Etats-Unis au début des années 2000, traumatisé par les attentats du 11 septembre, pris en étau entre les médias débiles et les discours alarmistes de Bush fils. Ils ne sont pas connus pour faire dans la dentelle, mais c’est précisément pour ça qu’on les aime, maintenant l’intérêt avec des blagues cochonnes, un dictateur nord-coréen timbré et des marionnettes câblées.

Leurs cibles ne sont pas celles qu’on pense: en se plaçant (ironiquement) du côté de Bush et des GI; en se moquant (ouvertement) de tous les donneurs de leçon démagos  sectaires, le duo dynamite furieusement les conventions du film de guerre avec des personnages uniformément stupides, des situations graveleuses (une scène d’amour tout sauf romantique) ou des chansons hideuses aux paroles savoureusement détournées. Si on est surpris par l’absence de quelques têtes de turc récurrentes (Barbara Streisand en tête de gondole), de nouvelles arrivent et elles ne sont pas simplement égratignées (Michael Moore, en premier lieu, ici kamikaze extrémiste, décrit comme un énorme faux-jeton).

Comme dans South Park, le film, le gratin Hollywoodien a également droit à son horrible caricature: Susan Sarandon, Tim Robbins, Helen Hunt ou encore Sean Penn passent sous le rouleau compresseur et finissent par s’affronter dans un bain de sang (ce qui explique l’interdiction aux moins de 17 ans lors de la sortie du film aux États-Unis). Éternel punching-ball du duo, Alec Baldwin continue cependant de se faire aligner au poteau. On ne change pas une formule qui gagne. Mais à force de pousser le bouchon trop loin et de prendre des positions, rien n’est parfait. Les saillies sont bien vues, mais les provocations judicieusement placées compensent un script rachitique qui passe entre deux fous rires comme lettre à la poste. Le discours final qui démontre qu’il n’y a rien de plus fédérateur que la scatologie mérite à lui seul qu’on assiste à ce spectacle aussi taré. À l’heure où le politiquement correct nous a tous frappé de plein fouet, rien n’est plus réjouissant que ce film très, très méchant. Pervers et contre tous.

Boîtier avec fourreau
Contient :
le 4K Ultra HD du film (HDR10)
le Blu-ray du film.
Pas de bonus (c’était trop dur, manifestement…)

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