[Stars du chaos 2023] Anaïs Bertrand, productrice

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On attendait de ses nouvelles depuis Jumbo de Zoé Wittock – film de réalisme fantastique avec une Noémie Merlant qui faisait tourner les manèges et les têtes – qui avait eu la malchance de sortir en juillet 2020 (on ne vous rappellera pas ici dans quel état larvé vous étiez à cette période). La dernière cérémonie des César sonnait comme un curieux rappel puisque les deux acteurs du film y décrochaient leur premier César (Bastien Bouillon meilleur espoir masculin chez Domi Moll / la Merlant pour son hilarant second rôle dans L’Innocent de Louis Garrel). Et depuis? Depuis, il y avait eu ce court du jeune et chaos Geordy Couturiau, l’homme qui aimait creuser le sillon fécond des Lucienne (Lucienne mange une auto en 2018, Lucienne dans un monde sans solitude en 2021, et pourquoi pas Lucienne parle du nez en 2027, tant qu’on y est?). Mais aussi un doublé de courts ayant fait le plein en festoches (Shakira toujours de Noémie Merlant + Domar d’Alcibiade Cohen, le Rodeo argentin pré-Covid et pré Javier Milei). Mais celui qu’on attendait avec le pied qui trépigne nerveusement sous la table, c’était surtout Chien de la casse, ce premier long-métrage de Jean-Baptiste Durand, dont l’écriture a nécessité presque quatre années, et dont le scénario a été intégralement retravaillé de l’été vers l’hiver pour convenir aux plannings surchargés de ses deux interprètes, la doublette canine Bajon-Quenard!

En résulte un très beau film que vous voyez passer un peu partout dans vos tops (on parle évidemment de Chien de la casse) et qui a réussi l’exploit d’exister sans le triangle des Bermudes que constitue Berlin-Cannes-Venise… Projet dont cette satanée télévision française n’a d’abord pas voulu, estimant que le film « tenait trop de la chronique »! Belle victoire donc pour Insolence Productions qui pratique l’irrévérence tous-formats depuis une grosse dizaine d’années et qui s’est fait les dents sur moult projets lorgnant vers le fantastique, l’angoisse et l’épouvante (un catalogue où l’on croise d’ailleurs aussi Anaïs Tellenne et Zoran Boukherma, deux valeurs sûres festivalières). Anaïs Bertrand n’a-t-elle pas mis ce bon vieux banger chaos qu’est Massacre à la tronçonneuse tout en haut de son palmarès personnel, farfouillant sur son temps libre dans nos Chaos memories pour former le corps et l’esprit de ses petits protégés!? Et dont la mère, aka the queen of queen, n’est autre que la prof de lettres qui rédigea le premier mémoire sur les vampires !

Dans les insolents cartons, un autre premier long en développement: Food de Mathieu Mégemont (passé par Locarno et Gérardmer en 2019 avec son Diversion), un slasher-satire se déroulant dans un fast-food de banlieue assiégé, avec Shellac à la co-prod’ ! Côté longs toujours, mentionnons aussi Masque de Geordy Couturiau (susmentionné), l’histoire d‘un maquilleur FX qui vit… un chagrin d’amour ainsi que Barbares de Rodrigue Hart, rape and revenge dans le milieu de rock underground. Sans oublier L’homme qui avait peur des femmes de Jean-Baptiste Durand, un parcours initiatique aux faux airs de comédie romantique.

PS : Allez petit cadeau de Noël, un lien vers Tous les hommes s’appellent Robert de de Marc-Henri Boulier (2010), l’un des premiers projets de la maison (on ne l’a pas vu mais vous pensez bien que le titre nous parle).

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