De Benoît Peeters, on pourrait dire maintes choses. D’abord, parce que l’homme revêt de multiples facettes. Agrégé de philosophie à la Sorbonne, diplômé de l’École pratique des hautes études (EPHE) sous la direction de Roland Barthes, il est depuis devenu romancier et critique littéraire, biographe et éditeur. Belge de nationalité française, il porte surtout, et ce, depuis sa rencontre au collège avec le futur dessinateur François Schuiten, une marque distinctive et a priori originale dans le milieu de la culture officielle où il pourrait sembler évoluer: celle de l’amour, inconditionnel et très sérieux, pour la bande dessinée. À l’EPHE déjà, François Schuiten avait proposé une thèse de sémiologie portant sur un album de Tintin, Les Bijoux de la Castafiore. Habitué aux grands écarts tout en souplesse, l’homme est un jongleur, capable de conjuguer de divers univers avec une cohérence d’esprit rare. Ensuite, parce que, dans ce mouvement personnel mixant rigueur universitaire et objets d’intérêt issus de la culture populaire (déjà visible dans son œuvre la plus fameuse, Les Cités Obscures), 2022 a constitué une forme d’apogée. En plus de la sortie de plusieurs livres d’analyses littéraires et de commentaires sur la bande dessinée, de la conception d’une rétrospective unique des œuvres de Chris Ware à la BPI (et de l’animation à Paris d’une conférence avec l’auteur américain lui-même), François Schuiten a débuté le 27 octobre une série de cours et de séminaires au Collège de France, intégralement dévouée à la poétique de la bande dessinée. Une année, donc, où entre productions personnelles et travail de passeur, Benoît Peeters a coché toutes les cases. T.R.
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