SAISON 2
On retrouve les membres de la famille Fisher, là où on les avait laissés: Nate est hanté par sa tumeur et la peur de mourir demain; Ruth décide de reconsolider les bases de sa famille en s’inquiétant des problèmes de ses enfants alors qu’elle doit apprendre à se reconstruire elle-même; David est toujours amoureux de Keith et tente désespérément de renouer le contact avec ce dernier; et Claire file le parfait amour avec Gabriel mais ne sait pas encore qu’il a fait un braquage le jour de la fête de son amie Parker (dernier épisode de la première saison).
Les spectateurs ne sont pas perdus parce qu’ils connaissent déjà les personnages. Parfois, certains éléments font écho à la première saison. Par exemple, dans le premier épisode, Nate est sous l’emprise de l’ecstasy, en référence à l’épisode (hilarant) de la première saison où Ruth en avait malencontreusement pris, pensant qu’il s’agissait d’aspirine.
En plus des remises en question, les personnages sont soumis à de dures vicissitudes: la société Khroener revient marcher sur les plates-bandes de Fisher et fils (impayable Mitzi qui assène des phrases assassines en buvant son café). Nate retrouve une petite amie du passé (Lisa/Lili Taylor).
Dans l’épisode 5, Ruth prend à cœur la mort d’une femme qui vient de mourir et qui se complaisait dans la solitude («mais ce n’est pas une vie ça», dit-elle, de peur de tomber dans la même situation). Un événement imprévu (à la toute fin de l’épisode 12 – beau à pleurer) va venir rendre justice à ce superbe personnage de mère délaissée, ne sachant plus comment donner de l’affection (bouleversant épilogue du sixième épisode où elle regarde les photos de ses enfants, comme si elle dressait un bilan de sa propre vie). Surtout, la figure du paternel disparu hante: tout le monde sait intérieurement que le père Fisher est mort il y a pile un an mais personne n’en parle explicitement (voir le 8ème épisode de la série qui joue sur la nostalgie).
Plus encore que dans la première saison, une importance est donnée aux personnages secondaires dans cette seconde saison – ils s’extraient de leur condition de pantins anecdotiques pour donner à voir ce qui les turlupine au plus profond. Les deux plus intéressants sont certainement Brenda (Rachel Griffiths, qui bénéficie du quota sympathie depuis ses comédies signées Paul J. Hogan que sont Muriel et Le mariage de mon meilleur ami) et Keith (Mathew St. Patrick). Leurs zones d’ombre sont exposées au grand jour dans la seconde saison, littéralement écrasée par le poids de la culpabilité: pour Brenda, problème avec ses parents psy qui passent leur temps à se faire la guerre; problème avec Billy (Jeremy Sisto), son frère, artiste détraqué qui lui manifeste un amour qu’elle ne sait pas gérer; problème avec Nate qui accepte de convoler avec cette dernière.
Tous ces événements liés, en sus d’une rencontre avec une prostituée (Melissa) vont emmener Brenda sur une étrange pente douce, en proie à de vilaines pulsions autodestructo. Comme pour se trouver elle-même dans un monde qu’elle trouve absurde (elle confie lors d’un dîner avec Nate qu’elle ne croit en rien après la mort et qu’elle est préparée à mourir depuis l’âge de 6 ans). Cela lui donne de l’inspiration pour un bouquin qu’elle pense salvateur, mais qui fonctionne au détriment de sa vie sentimentale. Son cas est apparemment réglé dans le dernier épisode de la saison 2 sans qu’on ait à nous expliquer le pourquoi du comment.
Même cas de figure pour Keith qui, entre temps, s’est remis avec David (Michael C. Hall). Ce dernier a fait son coming-out, il lui reste plus qu’à s’épanouir. Le fait qu’il s’installe périodiquement chez Keith est une première histoire d’amour possible à deux, avec son homme qui lui aussi est tiraillé par des souvenirs dont il préfère ne pas se souvenir. En apparence, la sœur de Keith, Karla, se consume dans la drogue alors qu’elle a en charge une fillette (Taylor) qu’elle aime mais qu’elle délaisse. En réalité, c’est bien plus complexe: si elle passe son temps à fuguer de son domicile, si elle se détruit par la drogue, les raisons sont plus profondes, plus anciennes. Keith et Karla sont traumatisés par une enfance difficile et la raison de leur déséquilibre (lui est très violent; elle se tue à petit feu) s’explique par le poids du souvenir, la peur du passé, de l’éducation stricte du papa et du mutisme inquiet de la maman. Toutes ces vilaines réminiscences qui écrasent le cerveau, qui font qu’on n’est jamais vraiment à l’aise en société.
Personnage qui discrètement s’impose dans le groupe Fisher et fils, Federico (Freddy Rodriguez) est quant à lui toujours dominé par sa femme Vanessa, ce qui accentue sa faiblesse et sa vulnérabilité (jusqu’à quand?). Sinon, certains personnages secondaires descendent de train très rapidement comme Gabriel (Eric Balfour). Sa relation amoureuse avec Claire (Lauren Ambrose) est si instable qu’elle se détériore sérieusement, à tel point que le Gab disparaît (peut-être pour le retrouver plus tard?). Pour Claire, en revanche, c’est l’occasion de se faire une peau neuve: comme Brenda qui exorcise son mal-être en écrivant un roman (achevé, inachevé?), elle se découvre une passion pour l’art (révélée par la sœur de Ruth, jouée par Patricia Clarkson). Ce qui la pousse un peu plus dans les bras du détraqué Billy, frère de Brenda, qui va l’aider pour entrer dans une école d’arts. Une scène touchante où elle passe son entretien la montre retenant ses sanglots. Parce qu’elle repense soudainement à son père. Tristesse qu’elle refoulait et qui explose au moment où elle s’y attendait le moins. C’est une scène clichée, ça fait con et elle en a conscience; pourtant, elle ne peut s’en empêcher. Elle est émue, comme submergée, et désarmée par cette émotion soudaine.
Saison 2
Commentaires audio
Making of : «Anatomy of a Working Stiff» (20’)
Saison 3
Commentaires audio
Documentaires
Scènes inédites