Los Angeles. Nous sommes à la veille de Thanksgiving. Nathaniel Fisher, propriétaire des pompes funèbres Fisher and Sons, percute un bus au volant de son corbillard flambant neuf. Il meurt sur le coup. La famille habitué à s’occuper de la mort des autres, va devoir faire face à cette tragédie. Ruth, la mère, fragile et réservée, l’apprend violemment. Elle l’annonce au fils cadet, David, le seul à être resté dans l’activité familiale, qui très sereinement apprend la nouvelle à sa soeur Claire, encore au lycée et Nate, le fils aîné qui revenait pour les fêtes. Cette disparition contraint la famille à se réunir pour un long moment. Dans la douleur, ils vont devoir se redécouvrir et apprendre à vivre ensemble…
SAISON 1
Il y a tout juste vingt ans débarquait sur les écrans américains la famille de croque-morts californiens de Six Feet Under. Thanksgiving est l’occasion pour icelle de se réunir au grand complet. Même Nate, l’aîné parti vivre à Seattle, revient parmi les siens. Mais ce jour de fête se transforme en cauchemar, lorsque le père meurt dans un accident de voiture. Cette famille qui vit de la mort des autres va devoir pour la première fois affronter celle d’un être proche. Et, d’emblée, ces gens nous sont familiers, tels des vous-et-moi en totale contradiction avec eux-mêmes qui vont être confrontés chaque jour à la mort, qui doivent apprendre à vivre ou alors qui se demandent si la vie vaut encore la peine d’être vécue. Et ce qui plait immédiatement, c’est que ces gens-là ne respectent aucun code pré-défini par des mecs en costards derrière leurs bureaux (ceux qui, aujourd’hui, hélas, tiennent les cordons de la bourse). Derrière cette subtile satire d’une American Way of Life passée au hachoir, se cachent Alan Ball et ses amis. Toutes les qualités d’American Beauty résidaient en partie dans l’écriture subtile de Alan Ball qui, comme avec Six Feet Under, prenait un malin plaisir à retourner comme des crêpes les sacro-saintes valeurs US et à percer tous les secrets de vies trop bien rangées. Pour preuve, on retrouve d’ailleurs le même ton acide dans American Beauty à tel point que certains parallélismes fusent entre cette première saison et le fils sus-mentionné; le personnage de Claire évoquant celui de l’ado jouée par Thora Birch.
La première saison de Six Feet Under contenait pas moins de 13 épisodes et tous (du premier jusqu’au dernier, sans exception) constituaient des petits miracles. Chaque épisode s’ouvre sur le décès d’un quidam qui finira entre les mains des Fisher pour ses funérailles. Les personnalités très affirmés (Nate le frère hétéro, David le frère homo, Ruth la maman coincée, Claire l’ado rebelle…) permettaient aux spectateurs de s’identifier. C’était déjà beaucoup. Oui mais voilà: là où la série était très forte, c’est qu’au-delà de l’aspect archétypal, ces personnages parvenaient tous à nous toucher parce qu’ils passaient par des choses que chacun a possiblement connu: impression d’être délaissé par son entourage ou de ne pas être sur la même longueur d’onde que son conjoint/sa conjointe, misère affective et sexuelle, histoire d’amour qui ne se finit pas, incapacité d’exprimer ce qu’on ressent au plus profond ou de revendiquer sa marginalité.
Tous les personnages possèdent par ailleurs des secrets, lourds comme moins, qu’ils ne délivrent que progressivement. Sans doute parce qu’ils vivent avant d’être des marionnettes téléguidés par des producteurs scrupuleux des réactions des spectateurs. D’où cette impression de flottement, de personnages en panne d’eux-mêmes. Simplement parce qu’ils se cherchent. Et lorsque les masques tombent, les retombées s’avèrent douloureuses. La faculté des scénaristes de la série à brosser le quotidien et surtout à donner de l’importance aux faits les plus anodins (les petits riens qui font les grands touts) pèse pour beaucoup dans la balance. Ainsi, un personnage peut soudainement être pris d’une réaction imprévue; ainsi, dans chaque épisode, on voit un personnage qui fume un joint; ainsi peut-on voir des personnages se masturber, faire l’amour ou simplement verser une larme… Une série qui hache menu les conventions. Une série-électron libre qui a du caractère et revendique le droit de faire ce qu’elle veut que cela plaise ou non. C’est prometteur pour la suite? Oui, ça l’est.
Bonus Saison 1 dans le coffret
Commentaire du 1er épisode par Alan Ball
Scène coupée du 1er épisode avec commentaire
Anatomie du générique
Biographies
Index de la saison
Coulisses du tournage
Commentaire du 13ème épisode par Alan Ball
Biographies
Nominations et récompenses
2 morceaux dont le remix du générique par Kid Loco