« Scream 7 » de Kevin Williamson : de l’épouvante épouvantable

Si on comprend mieux, après l’avoir vu en salles, pourquoi la presse n’a pas été conviée pour découvrir ce Scream 7 (le fameux « c’est-tellement-mauvais-qu’on-n’a-pas-voulu-nous-le-montrer »), on comprend en revanche assez mal comment pareille bouse, opus le plus faible d’une saga qui avait déjà donné de sérieux signes de faiblesses après le dernier Scream réalisé par le regretté Wes Craven (soit après le 4), soit officiellement devenu le plus grand succès au box-office de la franchise.

Rien ne va, tout Scream 7 est une redite de tout ce qui a déjà été trop fait (l’intro, les protagonistes qui se retrouvent lorsqu’il y a un meurtre, de nouveaux personnages qui sont autant de suspects, des meurtres et une révélation finale de qui-se-cache-sous-le-masque, les survivants dans l’ambulance). Tout est cousu de fil blanc, mais la vraie mauvaise surprise, c’est le retour de Kevin Williamson à la réalisation qui, s’il a été bon scénariste sur le premier Scream, n’est pas un très bon cinéaste (souvenez-vous de son Mrs Tingle en 1998 avec Helen Mirren en méchante prof sadique qui mérite bien de souffrir parce qu’elle est méchante). Cette absence de talent se confirme toujours, près de trente ans après, aux manettes de ce projet sinistré qui donne au spectateur le moins crédule l’impression d’être passager sur le Titanic, avec l’orchestre qui continue de jouer alors que le bateau coule. Tout va bien, madame la Marquise… Les départs tonitruants de Melissa Barrera et de Jenna Ortega ont été ensevelis par des effets poudre-aux-yeux : le revival de la scream queen Neve Campbell, la présence de Courtney Cox dont le personnage n’évolue pas d’un iota depuis Mathusalem et même d’acteurs dont les personnages n’existent a priori plus (Matthew Lillard qui était un des deux tueurs du premier, David Arquette dont le personnage de flic maladroit est mort).

De ce côté « retour des anciens combattants » et même « retour d’entre-les-morts » potentiellement intrigant, Kevin Williamson n’en fait pas grand-chose, même s’il s’autorise deux trois amusants clins d’oeil, dont un à Tori Spelling (la désormais oubliée Donna de la série Beverly Hills 90210 que l’on voit dans Stab dans Scream 2). Sans doute bridé par le studio Paramount rétif à tout débordement et toute polémique superfétatoire, il applique la recette sans brio, ni passion et aligne les plans comme un fonctionnaire tamponne des formulaires. Surtout, le second degré a disparu, ce qui était sa marque de fabrique. Faut-il rappeler que la bonne idée du premier Scream réalisé en 1996 et scénarisé par ses soins résidait dans le fait que les personnages devenaient les héros des films d’horreur qu’ils consommaient à l’envi ? C’est dans les mises en abyme que Scream tire sa force. Or, là, c’est de l’horreur industrielle assortie d’une réflexion sur les deepfake et l’IA aussitôt tombée en obsolescence, et plombée par une révélation finale du Ghostface qui donne envie de bâiller. Vous méritez un bon film, changez de salle.

25 février 2026 en salle | 1h 54min | Epouvante-horreur, Thriller
De Kevin Williamson | Par Guy Busick
Avec Neve Campbell, Courteney Cox, Isabel May

 

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