Les informations rapidement lues et vues cette semaine réunies dans notre point Pascal, les notules du vendredi.
PEDRO ALMODOVAR SUR LA POLÉMIQUE WILL SMITH
Alors que tout le monde commente la polémique Will Smith, y compris une Ségolène Royal aux fraises, et s’adonne au concours des âneries (Envisager une action disciplinaire, ce serait énorme face aux tristes complaisances du milieu du cinéma avec Polanski et Woody Allen, agresseurs sexuels, a tweeté la candidate malheureuse à la présidentielle de 2007), disons merci au réalisateur Pedro Almodovar qui a commenté la soirée des Oscars pour un carnet de bord, passant en revue ses rencontres, avec un amour du cinéma infectieux, avant de finir sur l’affaire Will Smith, à contre-cœur, jugeant que ce coup de sang avait éclipsé le reste de la soirée: « J’étais à peine à quatre mètres quand ça s’est passé. Sur les photos prises d’en haut, c’est moi la petite tête blanche que vous voyez. Je refuse de laisser cet épisode prendre la place dans une cérémonie où bien d’autres choses bien plus importantes se sont déroulées. Par exemple, Drive my Car, de loin mon film favori de l’année, a remporté le meilleur film étranger. Et aussi Summer of Soul, mon documentaire préféré. Ce que j’ai vu a généré chez moi un rejet absolu. Pendant l’épisode, mais aussi après, lors du discours de remerciement qui m’a fait penser à celui d’un chef de secte. On ne défend pas ni ne protège sa famille avec ses poings, et non, le diable ne profite pas des moments clés pour faire son travail. En réalité, le diable n’existe pas. C’était un discours fondamentaliste qu’on ne devrait ni écouter ni voir. Certains affirment que c’était le seul moment vrai de la cérémonie, mais ils parlent du monstre sans visage que sont les réseaux sociaux. Pour eux, avides de charognes, c’était sans aucun doute le plus grand évènement de la soirée. Je raconte ces moments avant que la voiture ne vienne nous chercher pour qu’on rentre à Madrid. Au revoir. Au fait, retournez au cinéma! » Rien à ajouter.
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BRUCE WILLIS MET FIN SA CARRIÈRE
La santé chancelante de Bruce Willis, qui a mis fin à sa carrière d’acteur en raison de troubles du langage et cognitifs, était devenue un sujet d’inquiétude pour plusieurs cinéastes qui avaient travaillé avec lui ces derniers temps. La famille de la star de Die Hard et autres célèbres films d’action a annoncé mercredi que la star de 67 ans souffrait d’aphasie, une affection qui empêche de communiquer normalement et « qui impacte ses capacités cognitives ». Plusieurs professionnels du cinéma interrogés par le quotidien Los Angeles Times ont indiqué avoir remarqué les facultés déclinantes de l’acteur après avoir travaillé avec lui récemment. Ils citent notamment des moments durant lesquels Bruce Willis semblait désorienté et peinait à se rappeler ses lignes de dialogue, quand bien même son entourage demandait à ce que son texte soit réduit au maximum pour ses prestations. Le réalisateur Mike Burns, qui a dirigé Course contre la mort, sorti en 2021, dit s’être rapidement aperçu que l’artiste avait des soucis de santé. « Après le premier jour de travail avec Bruce, j’ai pu me rendre compte personnellement qu’il y avait un gros problème et j’ai compris pourquoi on m’avait demandé de raccourcir son texte », a-t-il dit au journal. Son collègue Jesse Johnson, réalisateur de White Elephant, avait retrouvé Bruce Willis pour ce film à petit budget plusieurs décennies après avoir côtoyé l’acteur. Et il l’a trouvé bien changé. « Il était évident que ce n’était pas le Bruce dont je me souvenais », a-t-il dit. Selon des membres de l’équipe du film cités par le quotidien californien, Bruce Willis aurait à un moment lancé sur le tournage: « Je sais pourquoi tu es ici, et je sais pourquoi toi tu es ici, mais qu’est-ce que je fais ici, moi? » « Après notre expérience sur White Elephant, il a été décidé que nous ne travaillerions plus ensemble », a ajouté Jesse Johnson, qui avait été approché pour un autre projet de film avec Bruce Willis. « Nous sommes tous des fans de Bruce Willis, et ça ne semblait pas bien. Au bout du compte, c’était une triste fin pour une carrière incroyable et cela nous mettait tous mal à l’aise », a-t-il déclaré. Son étoile avait pâli dernièrement, mais Bruce Willis fut l’un des acteurs de film d’action les plus en vogue dans les années 1990 et 2000, connu dans le monde entier. Avec une carrière sur le déclin, il avait multiplié ces dernières années les apparitions dans des films de série B où il tenait des rôles aussi brefs que caricaturaux. Les organisateurs des Razzies, anti-Oscars qui parodient les prix hollywoodiens en épinglant les pires films de l’année, lui avaient à ce titre dédié cette année une catégorie à lui tout seul. Ils ont annoncé jeudi qu’ils retiraient ce « prix » à la suite du diagnostic d’aphasie dont souffre l’acteur.

DANNY BOYLE RACONTE LES SEX PISTOLS
Pistol, la série biopic de Danny Boyle sur les Sex Pistols, se dévoile. Six épisodes pour suivre la naissance et l’impact du groupe punk dans l’Angleterre du milieu des années 70, à travers le regard de son guitariste, Steve Jones, qui en a écrit un mémoire publié en 2016. La série débarquera sur Hulu aux États-Unis et sur Disney+ au Royaume-Uni, en Irlande, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Singapour, le 31 mai prochain. Et en France?
JUDD APATOW SUR NETFLIX
Après The King of Staten Island, Judd Apatow est de retour avec La Bulle. Une comédie où des acteurs sont confinés dans un palace britannique pour tourner un blockbuster, avec laquelle le cinéaste se moque de la crise sanitaire pour mieux s’extirper de cette « expérience infernale ». Karen Gillan, Pedro Pascal, Leslie Mann, Iris Apatow, Keegan-Michael Key, David Duchovny et Guz Khan forment cette distribution régulièrement en proie à de sévères crises d’ego et qui a beaucoup de mal à supporter les privations, qu’il s’agisse de sexe ou de drogue. Kate McKinnon, Peter Serafinowicz et Harry Trevaldwyn complètent le casting. C’est visible sur la plateforme et… c’est nul.
THE BATMAN TOUJOURS EN TÊTE
The Batman, avec Robert Pattinson dans le rôle-titre, domine toujours le box-office français et dépasse les 2,6 millions d’entrées depuis sa sortie, selon les chiffres de CBO-Box Office publiés mercredi. Pour sa quatrième semaine d’exploitation, le nouvel opus des aventures de l’homme chauve-souris écrase le classement avec quelques 237.000 nouvelles entrées en sept jours.
ÇA EN SÉRIE TV
La Warner Bros continue de développer ses sagas initiées au cinéma en série télé sur HBO Max. Après avoir annoncé un spin-off de The Batman sur le Pingouin de Colin Farrell ou une déclinaison de Dune pour le service de streaming, le studio prépare un préquel de Ça – Chapitre 1 et 2, les deux films d’horreurs d’Andy Muschietti tirés des romans cultes de Stephen King et sortis au cinéma en 2017 et 2019. Cette série sera parfaitement dans la continuité des longs métrages, puisqu’on y retrouvera le réalisateur à la mise en scène du premier épisode, ainsi qu’à la production en compagnie de sa femme Barbara Muschietti, et de leur partenaire Jason Fuchs (ce dernier sera aussi à l’écriture). Elle s’intitulera Welcome to Derry et se déroulera principalement dans les années 1960.
DAVID FINCHER A FINI LE TOURNAGE DE « THE KILLER »
Après avoir été reporté à cause de la crise sanitaire mondiale, le tournage de The Killer a finalement commencé en novembre 2021 à Paris et s’est récemment terminé, comme officiellement annoncé sur Insta Dwayne Barr, un des techniciens de l’équipe qui avait déjà travaillé sur les tournages de Mank et Mindhunter. L’histoire d’uun tueur à gages anonyme, méthodique et solitaire qui se découvre une conscience dans un monde qui lui ordonne d’être sans pitié. Le rôle-titre sera tenu par Michael Fassbender. Tilda Swinton fait partie du casting.
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DES NOUVELLES DE KIRILL SEREBRENNIKOV
Le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov a affirmé qu’il était à nouveau libre de sortir de Russie et se trouvait actuellement à Berlin, après une remise de peine dans l’affaire de détournement de fonds qui lui a valu une condamnation. Connu pour ses créations osées, son soutien aux personnes LGBT+ et sa critique indirecte du régime de Vladimir Poutine, Serebrennikov avait été condamné en 2020 pour détournement de fonds à trois ans de prison avec sursis. Il était jusqu’à vendredi dernier frappé d’une interdiction de sortir de Russie pendant cette période. Il a depuis bénéficié d’une réduction de peine, après en avoir accompli la moitié sans enfreindre les restrictions qui lui étaient imposées. L’affaire a été jugée politisée par ses défenseurs. « J’ai quitté la Russie puisque j’ai eu l’opportunité de faire cela légalement », a-t-il expliqué dans une déclaration envoyée par mail via son équipe. « En Europe, j’ai quelques rencontres importantes concernant mes futurs projets et je vais bientôt commencer les répétitions de Der Freischütz de Weber à l’Opéra d’Amsterdam », a-t-il détaillé en référence à l’opéra allemand Le franc-tireur (1821) du compositeur Carl Maria von Weber. Il n’a pas précisé dans l’immédiat si son départ de Russie était définitif.
LORENZO LAMAS, PRESIDENT DU JURY AU PROCHAIN FESTIVAL DE CANNES…
Ah ah ah, on vous a bien eu!
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