Quinzaine des cinéastes à Cannes 2025 : Sean Byrne, Julia Kowalski, Thomas Ngijol… Demandez le programme

Il ne manquait plus qu’une sélection à dévoiler (avant les ajouts de l’Officielle), et la Quinzaine des cinéastes n’a pas déçu. Mélange de cinéastes confirmés, de nouveaux venus et de propositions singulières et radicales, les 18 films de la sélection sont au niveau de ce qu’on pouvait attendre depuis l’investiture de Julien Rejl en tant que délégué général il y a 3 ans.

Tout d’abord, le Carrosse d’or, prix honorifique délivré tous les ans, reviendra cette année à Todd Haynes, tout juste après son mandat de Président du jury de la Berlinale 2025. Il succède à la cinéaste britannique Andrea Arnold. Nouveauté cette année : le premier prix Alpine, sponsorisé par la marque de voitures de sport du même nom, récompense les cinéastes « qui osent bousculer les conventions et ouvrir de nouvelles voies au cinéma français et international ». Ce prix inaugural sera décerné à Thomas Cailley, réalisateur du remarqué Le Règne Animal.

En film d’ouverture et de clôture, deux longs-métrages aux antipodes. C’est Enzo de Robin Campillo qui ouvrira le bal. Le film initialement dévolu à Laurent Cantet, finalement mis en scène par son ami, réalisateur de 120 battements par minute, suite à son décès l’année dernière, était notamment pressenti en Compétition. Une belle prise pour la Quinzaine, ce film conte l’histoire d’Enzo (Eloy Pohu), 16 ans, apprenti maçon à La Ciotat, en conflit avec ses parents (Pierfrancesco Favino, Élodie Bouchez) qui rêvent de le voir embrasser la voie royale des études supérieures. En clôture, on retrouve le premier long-métrage de l’américaine Eva Victor, Sorry, Baby, passé par Sundance cette année (Prix du scénario). Le film produit par Barry Jenkins met notamment en scène la réalisatrice accompagnée de Naomie Ackie (vue dans Mickey 17) dans un drame sur fond de traumatisme suite à une agression sexuelle. Sept autres premiers films composent la programmation de la Quinzaine. La Danse des renards de Valery Carnoy marque les premiers pas de cette cinéaste issue du plat pays. Le film se déroule dans l’univers des internats de sport de haut niveau, et met en vedette Samuel Kircher dans le rôle de Camille, jeune boxeur virtuose fraîchement sacré champion de France, qui voit sa vie basculer quand il est sauvé in extremis d’un accident mortel par son meilleur ami Matteo.

On retrouvera également Samuel Kircher dans le premier film de Louise Hémon, L’Engloutie, aux côtés de Galatéa Bellugi et Matthieu Lucci. Un film parmi les plus cités des rumeurs cannoises, qui nous embarque fin 19ᵉ dans les Hautes-Alpes dans le hameau de « Soudain », encerclé par la neige sur les hauts plateaux d’une montagne reculée. Par une nuit de tempête, ses habitants voient arriver Aimée, une jeune institutrice aux yeux noirs, qui restera le temps de l’hiver pour faire l’école à une poignée d’enfants. Mais peu après son arrivée, une avalanche engloutit un premier montagnard Autre premier long-métrage français d’une jeune réalisatrice, Les Filles désir de Prïncia Car, tourné à Marseille, à propos de jeunes adultes travaillant dans un camp d’été à Marseille.

Le cinéma asiatique est également représenté avec deux premiers longs métrages : Brand New Landscape, un film familial de Yuiga Danzuka, et le thriller chinois Girl On Edge de Jinghao Zhou, qui, selon Julien Rejl, « fait écho à Black Swan d’Aronofsky, dans le monde du patinage artistique ». Le réalisateur Hasan Hadi présentera son premier long-métrage The President’s Cake, dont l’action se déroule en Irak dans les années 1990, sous le régime de Saddam Hussein. « C’est un doux conte pour enfants, mais avec en toile de fond la politique de l’époque », explique Julien Rejl. Enfin, pour compléter la liste des premiers longs métrages, le canadien d’origine coréenne, et basé aux États-Unis, Lloyd Lee Choi proposera Lucky Lu, une adaptation de son court métrage Same Old, présenté pour la première fois en sélection officielle à Cannes, sur un chauffeur-livreur chinois à New York dont le vélo électrique disparaît alors que sa famille est en route pour lui rendre visite.

Du côté des cinéastes confirmés, aux côtés de Campillo, on retrouve Christian Petzold avec Miroirs n°3, lui aussi pressenti en Compétition. Dans ce dernier volet d’une trilogie, Paula Beer incarne Laura, une pianiste en herbe dont la vie est bouleversée par un accident de voiture dans lequel son petit ami perd la vie. Le japonais d’origine coréenne Lee Sang-il présentera son nouveau long-métrage Kokuho, film de 3h dans le milieu du Kabuki. Si dans toute sa carrière, il n’a pas encore eu les honneurs d’une sortie en France. Kokuho permettra de découvrir l’œuvre de ce cinéaste qui a notamment réalisé un remake d’Impitoyable de Clint Eastwood avec le grand Ken Watanabe.

La sélection 2025 comprend également plusieurs films de genre, notamment de l’horreur, avec Dangerous Animals, de l’Australien Sean Byrne (The Loved Ones), qui raconte l’histoire d’un surfeur enlevé par un tueur en série obsédé par les requins ; et le film français Que ma volonté soit faite de Julia Kowalski, qui narre l’histoire d’une jeune femme aux prises avec ses désirs monstrueux, convaincue d’être victime d’une étrange malédiction héréditaire. Ce second long-métrage avec Roxane Mesquida fait suite à l’impressionnant court J’ai vu le visage du diable présenté également à la Quinzaine des cinéastes en 2023.

Anthony Cordier (Happy Few, Gaspard va au mariage) signe la comédie française Classe Moyenne, son quatrième long-métrage, qui réunit Laurent Lafitte, Élodie Bouchez, Laure Calamy et Ramzy Bedia dans une histoire centrée sur l’affrontement entre de riches propriétaires de résidences secondaires parisiennes et leur personnel. Venue du Canada, la comédie romantique Amour Apocalypse d’Anne Émond, qui raconte l’histoire d’un homme souffrant de dépression et d’éco-anxiété et d’une mère adorable qui se rencontrent dans un avion. Un documentaire ukrainien sur la guerre avec la Russe, Militantropos, réalisé par le trio Yelizaveta Smith, Alina Gorlova et Simon Mozgovyi fait également parti de la sélection, tout comme un film d’animation, La Mort n’existe pas de Félix Dufour-Laperrière. Ce dernier est un drame fantastique à forte connotation politique qui se déroule dans une forêt mystérieuse après l’échec d’un attentat. Il fait suite à Cette MaisonArchipel et à Ville Neuve.

Enfin, surprise du chef : l’acteur et cinéaste français Thomas Ngijol sera présent à la Quinzaine avec Indomptables, film dont l’action se déroule au Cameroun. Julien Rejl le décrit comme « le film français surprise de l’année ». Son nouveau long-métrage est un « véritable thriller policier qui dresse également un portrait de la vie au Cameroun aujourd’hui. »

La sélection complète :
Ouverture : Enzo, de Laurent Cantet et réalisé par Robin Campillo
Amour apocalypse, Anne Émond
Brand New Landscape, Yuiga Danzuka
Classe moyenne, Anthony Cordier
Dangerous Animals
, Sean Byrne
La Danse des renards
, Valéry Carnoy
L’Engloutie, Louise Hémon
Les Filles désir
, Prïncia Car
Girl On Edge, Jinghao Zhou
Indomptables, Thomas Ngijol
Kokuho, Lee Sang-il
Lucky Lu
, Lloyd Lee Choi
Militantropos, Yelizaveta Smith, Alina Gorlova and Simon Mozgovyi
Miroirs N° 3, Christian Petzold
La Mort N’existe Pas, Félix Dufour-Laperrière
The President’s Cake, de Hasan Hadi
Que Ma Volonté Soit Faite
, Julia Kowalski
Clôture : Sorry, Baby, Eva Victor

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