[PORNO BIZARRO] « Hardgore », « Squalor Motel », « Cabaret Sin »… dans le genre, il n’y a pas que « Café Flesh »

La sortie événement de Cafe Flesh chez Carlotta a éveillé le désir de mettre en lumière quelques autres cas de porno-bizarro, dont certains clairement dérivés du classique de Stephen Sayadian. Avec deux sous, un rêve et un peu de lubrifiant, voici quelques spécimens égarés et fantasques de l’industrie du X !

Hardgore (Michael Hugo, 1976)
On pense un peu à Defiance of Good (le rêve d’une jeune fille internée devenant cauchemar) mais en place de l’atmosphère de souillure SM du film de Armand Weston, on bascule dans une horreur de pur carnaval. Ceux qui l’ont vu n’ont certainement pas oublié son armée de godemichets volants ou cette culbute se terminant par un guillotinage en bonne et due forme (très Sade dis-moi). Culminant dans une orgie massacre bricolée, Hardgore se distingue curieusement par une scène d’étreinte lyrique surgissant au milieu d’un charnier, où un travelling circulaire vient envelopper très prudemment deux amants interdits.

The Devil in Miss Jones 2 (Henri Pachard, 1982)
Une suite abandonnant totalement le ton dépressif et poisseux de son prédécesseur. Bien lui en a pris, on joue plutôt dans la cour du cartoon pour adultes avec une introduction où Miss Jones, bien décidé à s’amuser en Enfer malgré sa punition éternelle, grimpe sur le nez de Cyrano de Bergerac ! On la verra sucer la queue (la vraie) de Satan qui, émoustillé, la renvoie sur Terre sous différentes formes pour qu’elle puisse se racheter. L’intensité du modèle s’envole, mais on s’amuse davantage, même si rien n’ira aussi loin que la partie « infernale » servant de préambule.

Squalor Motel (Kim Christie, 1985)
Ancienne photographe, Kim Christie a fait partie des très (très) rares réalisatrices trans à se glisser dans le monde macho du porno 80’s. Un de ses derniers titres sera ce cousin vaguement queer de Cafe Flesh, où c’est un motel qui tient lieu de lupanar grimaçant. Couloirs biscornus à l’allemande et couleurs saturés : tout est là pou rappeler au spectateur son entrée dans un songe fiévreux. Il ne faudra pas s’étonner d’y croiser un pervers déguisé en Peggy la cochonne, un médecin lubrique ressemblant à Hitler (??) ou une poupée gonflable prenant vie.

Behind the Green Door : The Sequel (Jim & Artie Mitchell & Sharon McNight, 1986)
À la décadence caverneuse du premier film, cette séquelle expérimente, change de point de vue, trompe son monde et fait éloge, en plein boom du Sida, de la capote ! Numéros musicaux, faune en rut, hommes statues pas si figés, retour des trapézistes de l’Xtrem, diversité rarissime des corps… Un ovni injustement boudé.

Cabaret Sin (Philip Adrian Booth, 1987)
Il est évident qu’à la lecture du titre, on se dit BIEN SUR! Et vous avez raison. Tourné en vidéo en simultané avec une autre série Z du nom de Droid (qui se charge récupérer toutes les scènes non-pornos : le 2 en 1 dans toute sa splendeur), nous sommes sur le petit frère frénétique du film de Sayadian, avec un cabaret/bordel consacré en refuge à un monde post-apo sens dessus dessous. Moins beau et moins inventif certes, mais charmant aussi, bien aidé il est vrai par une b.o synthé (composé par le réalisateur lui-même) très réussie. Elle saura accompagner un beau coït extatique sur fond de satin rose ou l’exhibition d’une pharaonne de pacotille.

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