Du cinéma, du Blu-ray, du jeu vidéo, du 2.0… c’est la sélection chaos du vendredi par la rédaction. Si on devait vous proposer de découvrir notre dernier coup de foudre, ce serait celui-ci…

GÉRARD DELORME: Megalopolis de Francis Ford Coppola (cinéma)
Il y a mille raisons d’aller voir le dernier Coppola, totalement inclassable, mégalomane, souvent incompréhensible, irritant et attachant à la fois. Il prouve aussi que l’excès et l’outrance sont plus cinégéniques que l’ascétisme et la litote.

ROMAIN LE VERN: Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre (Blu-ray)
Tout est étrange et rien n’est étrange dans cette Étrange affaire avec, d’un côté, ce patron, redoutable pervers narcissique, et, de l’autre, son employé arriviste qui finit par se perdre et par tout perdre. Du cinéma humain troublant et intelligent (disponible chez Studio Canal)

JÉRÉMIE MARCHETTI: From Beyond: Aux portes de l’au-delà de Stuart Gordon (Uhd/Blu-ray)
L’équipe de Re-Animator frappe plus fort, plus sexy, plus gluant encore. Si la goutte de slime fait très vite déborder le vase, From Beyond a ce quelque chose qu’on n’arrive plus à retrouver (le récent Suitable Flesh peut en attester), sorte de partouze body horror où on suce des cerveaux par les yeux et on se met à chalouper en tenue SM sous l’effet d’une machine inter-dimensionnelle. La chair est molle, les fluides abondent: Ken Foree en slip contre un vers géant, Barbara Crampton en psy folle du cul, Jeffrey Combs cannibale avec une verge au milieu du front… C’est délicieusement n’importe quoi (disponible chez Sidonis)

THIBAULT RIVERA: Peacemaker – saison 1 de James Gunn (SVOD)
Alors que James Gunn vient de finir le tournage de son Superman, qui va demander une année de post-production pour une sortie en juillet 2025 (oui, ça demande du boulot de faire voler un bonhomme pendant 2h), on s’est intéressé à sa série développée, écrite et co-réalisée pour HBO Max. Dédiée à un des personnages délurés de son précédent métrage The Suicide Squad, la série se déroule juste après les événements du film et s’intéresse à un personnage dont on ne peut pas dire qu’on voulait forcément en savoir plus. Impeccable dans sa performance, John Cena donnait vie à une espèce de justicier tellement obnubilé par la paix dans le monde qu’il n’hésitait pas, selon ses mots, à tuer femmes et enfants pour l’obtenir: tout était là, il ne nous en fallait pas plus. Pour son passage sur petit écran, Gunn convainc pourtant en offrant au personnage ni un défouloir gratuit, ni un arc de rédemption qui viendrait l’assagir, mais un portrait assez bien brossé fait de relations complexes avec son père (un inévitable chez le réalisateur) et du besoin d’exister dans le regard des autres qui cache quelque chose. C’est justement dans ses relations avec l’équipe qu’on lui impose que le personnage s’étoffe le plus, ne perdant rien de sa déviance mais dévoilant un cœur gros comme ses biceps. Tout en s’appliquant dans l’écriture de cette drôle de bande, Gunn n’oublie pas au passage de servir une bonne petite série B comme il les aime, sur fond d’invasion de papillons aliens, de théories du complot et de quelques bastons sympathiques, une coudée au-dessus de la moyenne.

GAUTIER ROOS: Tralala des frères Larrieu (SVOD)
Un peu passée inaperçue dans la filmo – au demeurant super solide – des Frères Larrieu, une comédie musicale touchée par la grâce, avec DJ Josy Balasko qui nous donne une folle envie de nous déhancher (et de croquer dans cette pomme qu’on appelle la vie). Dispo sur la chaîne YouTube d’Arte jusqu’au 04/10/2024.
Bonus: Week-end patrimoine (boulimique) au Reflet Médicis (75005)
Après acquisition d’un sachet de dragibus extra large à la sortie du métro Odéon, amusez-vous à parcourir toutes les salles du Reflet Médicis en alternant les trois alléchantes rétrospectives du moment (Frederick Wiseman, Jacques Rozier, Chantal Akerman). Chaque film étant assez long, répétez la chose 48 heures durant et dites-nous dans quel état émotionnel vous vous trouvez à la fin du marathon (euphorie? nervosité? démence précoce?) à redaction@chaosreign.fr. La science vous dit merci.



