[PATRICK STILL LIVES] Mario Landi, 1980

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En 1978, Patrick (Richard Franklin, 1978) avait raflé (à tort selon beaucoup de fantasticophiles) le Grand Prix à Avoriaz à une époque où l’Ozploitation séduisait tous les routiers du genre. L’histoire de Pat, un jeune homme tombé dans le coma alors qu’il venait juste de tuer sa mère et son amant de ses propres mains, qui devenait l’objet de mystérieux travaux du directeur d’une clinique où il était soigné et qui nourrissait secrètement une haine de l’espèce humaine qu’il concrétisait via des pouvoirs télékinétiques dévastateurs.

Manifestement, cette brève attention a suffi aux Italiens pour manufacturer leur propre version dans une suite/remake/plagiat d’une douteuse confection. À la suggestion pesante du script de Everett de Roche, le Patrick spaghetti préfère les chairs pulpeuses et cramées. Deux salles, deux ambiances. Le ténor derrière la chose, c’est Mario Landi, comète pas très fréquentable de la galaxie bis qui aura lâché l’année précédente Giallo a Venezia, softcore bien vulgos qui dérapait en boucherie, offrant au passage le découpage de cuisse le plus gerbant de l’histoire (on en a vu d’autres depuis). Patrick still lives reste sur la même corde tendue, le fun en plus.

Pas de temps à perdre: notre Pat se fait éreinter par un automobiliste à peine le film commencé. Cloué au lit, son cerveau twiste à loisir et provoque des choses bizarres aux alentours. La présence de Sacha Pitoeff en papa savant fou qui pousse son fiston à développer ses pouvoirs, suffit à elle seule en guise de pseudo-explication. Évidemment, des invités se pressent dans le même domaine, en grande partie des couples de margoulins n’ayant que deux fonctions: se foutre sur la tronche ou déchaîner leur libido. Les plus aventureux croisent alors le regard de Patrick (illustré par des surimpressions sauvages qui vont tzoing tzoing) et ne terminent pas vivants.

Quand ce sont des victimes féminines, elles sont bien sûr invitées à déambuler nues dans le château, comme la petite servante découvrant quelques plaisirs interdits sous le faisceau d’un rayon vert. D’autres auront moins de chance comme la gouvernante goth fofolle finissant boulottée par les bergers allemands du coin. Ou encore la très paniquée Mariangela Giordano, qui finira traversée de part en part par un gigantesque pique qui ira fouiner son vagin durant de gros plans douloureux! La milf du bis italien connaîtra d’ailleurs un autre destin tragique dans les mêmes décors (un somptueux palais décrépi) un an plus tard dans le mémorable Manoir de la terreur de Andrea Bianchi, se faisant picorer incestueusement la mamelle par son gosse zombifié. C’est dire si ce mauvais goût à la fois irrésistible et intolérable nous manque (parfois), croisement de la vulgarité éhontée de D’Amato et du hardgore cracra d’un Fulci. J.M.

Réalisation: Mario Landi
Scénario: Piero Regnoli
Avec: Sacha Pitoëff, Gianni Dei, Mariangela Giordano

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