« RRR »: S.S. Rajamouli à la conquête de Hollywood

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Le blockbuster made in Tollywood RRR (Rise Roar Revolt) du réalisateur S.S. Rajamouli continue de fédérer partout où il passe. Jusqu’à la prochaine cérémonie des Oscars où, à défaut de représenter l’Inde qui lui a préféré Last Film Show de Pan Nalin, il pourrait faire un effet Parasite?

Découvert il y a quelques années en France avec Eega  où un soupirant ingénu se vengeait de son assassinat… une fois réincarné en mouche, S. S. Rajamouli continue de faire forte impression avec des spectacles épiques aux budgets colossaux et à l’imagerie digne du Zu de Tsui Hark. Après ses Baahubali qui sont devenus des classiques instantanés du cinéma de Bollywood, le cinéaste fait sensation aux États-Unis avec sa dernière production RRR (soit «Rise, Roar, Revolt» aka Roudram Ranam Rudhiram en tamoul), qui raconte l’histoire de deux révolutionnaires légendaires ayant combattu les colons britanniques dans les années 1920. Un apogée artistique de la vitalité du nouveau cinéma tamoul qui dure plus de 3 heures et qui confirme tout ce que l’on voit depuis le début chez ce réalisateur (soit une refonte hallucinante des canons narratifs traditionnels et du patrimoine folklorique à l’aune des nouveaux outils technologiques et surtout de leur potentiel d’évocation). RRR est sorti dans l’Hexagone en mars dernier, distribué par Desi Entertainment.

Aux États-Unis, c’est un vrai phénomène pour plusieurs raisons: tout d’abord, lors de la présentation au Beyond Fest de Los Angeles, les images du public en transe a fait le tour des réseaux sociaux: entre standing ovation et spectateurs qui dansent devant l’écran pendant la fameuse scène de danse, c’est une preuve que le cinéma reste une expérience collective et euphorisante.

Ensuite, ce rebondissement: s’il n’a pas été retenu dans la sélection du meilleur film étranger pour la cérémonie des Oscars 2023 par l’Inde (Last Film Show de Pan Nalin a raflé la mise), RRR bénéficie du soutien de son distrib US (Sarigama cinemas) qui, lui, y croit dur comme fer, sans doute galvanisé par les fans du film qui ne comprennent pas le rejet du pays d’origine de Rajamouli.

En réaction donc, il vient d’être soumis, et ce, dans plusieurs catégories: meilleur film, meilleur réalisateur (Rajamouli), meilleur acteur (Jr NTR et Ram Charan), scénario, chanson originale, montage, photo, son, effets spéciaux… Affaire à suivre, mais certains y voient déjà un phénomène à la Parasite. A.V.

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