« Old Boy » de Park Chan-wook: tout sur les suppléments de l’édition DVD du film culte

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Véritable claque au cinéma la rentrée dernière, récompensé par Tarantino d’un Grand Prix à Cannes en Mai 2004, Old Boy s’apprête à sortir en France en DVD sous la bannière de Wild Side Video sous la forme de trois éditions.

La première des trois éditions contiendra un unique DVD. Le film sera proposé dans un transfert 16/9 compatible 4/3 au format respecté 2.35, accompagné de pistes Dolby Digital 5.1 pour le coréen et le français, d’une piste DTS malheureusement uniquement sur le doublage, et de sous-titres français. En guise de bonus, nous trouverons un commentaire audio du réalisateur Park Chan-Wook (sous-titré) et des filmographies. La seconde édition, l’édition collector, contiendra un second DVD consacré aux suppléments (le premier ne change pas). Contrairement à la première édition coréenne, le making-of est ici présenté dans son intégralité accompagné de suppléments inédits comme des scènes coupées et autres documentaires. Les petits clips graphiques sur la musique du film quant à eux disparaissent… mais est-ce vraiment une perte ?

Bonus DVD 2 :

  • Making of (1h env.)
  • 9 Scènes coupées commentées par le réalisateur (25’40)
  • Entretiens avec le réalisateur, les acteurs et l’équipe technique (41′)
  • Autour du film (45’45) :
    – La musique du film
    – Les décors
    – Les effets spéciaux
    – Le Grand Prix au Festival de Cannes 2004
  • Galerie Photos
  • Bandes-annonces Française et Coréenne.

Viendra enfin l’édition Ultime contenant un troisième DVD une fois encore inédit, et surtout le CD de l’excellente bande-originale du film (24 titres), complète, et jamais parue en France !

En attendant le test complet de ces trois éditions, nous nous sommes penchés sur les bonus qui s’avèrent extrêmement nombreux et longs. En voici un aperçu global, illustré des menus des disques, animés et accompagnés de la musique du film.

DVD 1 (toutes éditions)
Commentaire-audio de Park Chan-Wook
Park Chan-Wook revient seul sur le parcours de ce film qui possède différents niveaux de lecture si on connaît ou non la fin. Ses principaux commentaires s’attardent essentiellement sur la musique du film et la description du film en explicitant tous les choix de mise en scène. Dès le départ, Oldboy semble avoir été conçu dans le but de fonctionner sur des contrastes, appuyés par la musique (par exemple, les scènes de torture sont accompagnées de musique classique). Bien entendu, il évoque longuement la performance de l’acteur principal Choi Min-Sik qui a été physiquement impliqué dans le tournage (il a dû perdre du poids puis en reprendre) et insiste sur la notion du temps qui marque tout le film du générique aux personnages en passant par les détails les plus infimes où le grotesque et l’humour explosent (le choix du coucou dans la prison). Ou encore cette volonté de toucher le maximum de spectateurs à travers un contexte singulier (le split-screen montre des images d’archive qui concernent le monde entier), en insistant en filigrane sur l’empathie et l’identification. Citation amusante : Park Chan-Wook ne décrit pas son film comme une «aquarelle» comme le qualifierait le critique de cinéma qu’il a été, mais comme une « peinture à l’huile très barbouillée ». Autrement, les explications sur la scène du poulpe montrent les réelles motivations du cinéastes qui consistaient à opposer les raviolis fris et le poulpe vivant comme pour renforcer l’amour et la haine. Le cinéaste se focalise également sur l’importance du personnage féminin dans le film, la manière dont il dissimule les indices à son sujet, un peu comme une femme fatale qui provoque l’inquiétude, la suspicion et le doute. Il porte également une attention particulière aux choix des couleurs qu’il justifie constamment mais, et c’est sans conteste ce qui laissait le plus perplexe dans le film, donne quelques informations concernant la scène finale, surréaliste et déroutante, qui tend à montrer que le spectateur voit et déduit ce qu’il veut en fonction de son état d’esprit. Cela n’en reste pas moins extrêmement ambigu. Le film continue donc de nous échapper (et d’échapper également à son auteur). Là est son immense qualité, parmi tant d’autres…

En complément sur ce DVD, on trouve des filmographies du réalisateur et des acteurs principaux.

DVD 2 (édition 2-DVD et Ultime uniquement)

Making of (73min)
Ce long making-of est surtout un moyen pour ceux qui n’ont pas l’édition collector 3-DVD de compenser le long journal de bord dont il reprend quelques passages tout en ajoutant des parties très intéressantes comme les auditions. Voir les acteurs dans leurs costumes de tous les jours lire à voix haute et tranquillement assis autour d’une table, une clope à la main, le scénario d’un film aussi énergique et violent ajoute au plaisir.

Autour du film (45min)
Cette partie propose quatre sous-parties : les effets spéciaux, les décors, le grand-prix du festival 2004 et la musique du film. Et à chaque instant, l’ensemble est pertinent : qu’il s’agisse de sonder l’ambiance du festival de Cannes (impeccablement rendue, même s’il manque la remise du prix en lui-même), de décrire le petit monde des effets spéciaux (grâce à Jung Sung-Si qui explique les choix de l’infographie et des couleurs), du choix des décors (interview de Ryu Sung-Hee) ou de l’exquise musique (interviews de Park Chan-Wook – omniprésent, décidément – et Cho Young-Wuk, le compositeur). Dans la plupart des cas, il est intéressant de savoir que la musique devait retranscrire le tohu-bohu intérieur du protagoniste et évoquer les vieux films noirs d’antan, principale source d’inspiration d’Old boy.

Interviews
Ce ne sont pas moins de 11 entretiens (avec le réalisateur, les acteurs et l’équipe technique) qui nous sont proposés. Entre autres, Park Chan-Wook se distingue dans ce qui ressemble à une petite interview-carrière : il explicite certains passages du film, multiplie les parallélismes avec ses précédents films et parlent de ses majeures inspirations. Ceux qui n’ont pas consulté le commentaire audio y trouveront un palliatif…

Les scènes coupées
Six scènes coupées (le commissariat, la prison, le restaurant, le couloir, le baiser, le bonheur) sont au menu. Quand les scènes sont coupées, il y a bien une raison mais le cinéaste se dit mal à l’aise de commenter ces fameuses scènes coupées (qui ne sont pas disponibles sans ses propos). La scène du commissariat est un prolongement de l’improvisation du début qui ne vaut essentiellement que pour son acteur Choi Min-Sik. Celle de la prison montre le premier jour du prisonnier, mais le plus intéressant demeure celui dans le couloir qui rallonge le plan-séquence, lui donne encore plus de vigueur et de violence, et dévoile les autres plans tournés au coeur de l’action – excellents – et qui ne furent finalement pas retenus pour garder le plan séquence brut. On sent que le réalisateur ne regrette qu’à moitié de ne pas avoir pu inclure ces plans dans le film.

Galeries photos + Bandes-annonces françaises et coréennes
Bonus plus conventionnels : une galerie de photos promo sous forme de vidéo, et des bande-annonces.

DVD 3 (Edition Ultime uniquement)

Journal de bord (3h30)
Le journal de bord constitue un document exceptionnel qui est disponible dans deux versions : soit fragmenté en chapitres (le combat du couloir, chez Mido, tournage en Nouvelle Zélande…), soit lisible d’un seul trait. Le choix du chapitrage permet d’avancer les étapes de la préparation et d’aller de fait directement aux scènes marquantes comme celle dite ‘du poulpe’ qui s’est faite dans une euphorie générale (le réalisateur et l’acteur ayant même un fou rire à un moment donné) ou encore ‘Le combat du couloir’ où l’acteur Choi Min-Sik (très déconneur sur le plateau) est toujours à deux doigts de se faire très mal. De mai à Juillet, nous suivons l’équipe avec sa générale bonne humeur contagieuse et ses quelques doutes. Sur le papier, ça peut paraître cliché sauf que c’est passionnant d’un bout à l’autre et ça se passe de commentaires. Pour les fans, c’est un document précieux. Implicitement, cela renforce l’idée que Park Chan-Wook avait déjà tout planifié pour le DVD auquel il accorde visiblement une grande importance tant la qualité des bonus et de l’animation est sidérante…

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