REPUBLIQUE TCHEQUE
PLAYDURIZM de Gem Deger – FANTASTIQUE
Playdurizm, c’est la réalité fuyante de Demir (Gem Deger), ce post-ado cinéphile, fan de Francis Bacon et de séries B érotico-romantiques, qui se réveille un matin dans une chambre irréelle, les yeux en spirale, l’esprit comme une page blanche. Comme un disque dur sans mémoire. Se faufilant dans un couloir, il découvre qu’il partage un appartement idyllique aux couleurs flashy avec Andrew (Austin Chunn), un bellâtre hollywoodien qui joue dans le nanar qu’il adore passionnément. C’est comme s’il était passé de l’autre côté de l’écran, dans ce navet qu’il adore, jusqu’à se trouver en rivalité avec Drew, la copine du bellâtre dans ledit film (Issy Stewart). Ce n’est que le début de nombreuses mises en abyme, refermant autant d’illusions d’optique. Trop heureux d’être enfermé avec son icône, Demir, au corps maladroit et aux désirs indécis, ne sait pas comment séduire cette star qui le fait fantasmer, mais parallèlement, des flashs d’une autre réalité (le passé, peut-être) l’assaillent et racontent une autre histoire, bien moins sexy, que l’on ne comprendra réellement que lors d’une chute horrible.
Etat: Fini. Présenté au LUFF 2020 où il a obtenu le Grand Prix du jury.
Trivia. Né en Turquie en 1997, le jeune réalisateur-acteur Gem Deger a eu l’idée de Playdurizm à 17 ans alors qu’il vivait encore dans son pays d’origine, avant de la développer deux ans plus tard avec le scénariste Morris Stuttard, de quitter la Turquie pour la République tchèque et de croiser le chemin des producteurs Martin Raiman et Steve Reverand. L’âge précoce n’a rien d’étonnant: c’est, dans son aspect fucked-up à la Gregg Araki, dans sa facture et dans son malaise existentiel, le film-idéal que n’importe quel ado rejetant les normes, ne ressemblant ni aux princes charmants ni aux pom’pom girls, rêverait de voir à cet âge-là.
COLORFUL DREAMS de Jan Balej – ANIMATION
Une troupe de musiciens ambulants débarque sur une île gouvernée par un dirigeant despotique. Lorsque, lors de leur représentation, un coup de feu tiré d’un canon de cirque s’égare, cela déclenche une série d’événements inattendus, précipitant ce petit monde dans une lutte avec le pouvoir totalitaire.
Etat. Fini.
Trivia. Selon son auteur, il s’agit de raconter avec humour le thème intemporel du conflit entre le pouvoir illimité d’une part, et le désir de liberté, de courage et d’amour d’autre part.

