Céline Tran, coach en développement: « Je pense avoir grandi en découvrant un jour Voyage au bout de l’enfer »

0
1687

CÉLINE TRAN. COACH EN DÉVELOPPEMENT PERSONNEL, AUTEURE DE BD, COMÉDIENNE, DJ…

Comment définiriez-vous votre rapport au cinéma?
Céline Tran: Il est intime, constant, enrichissant. Quand je ne vais pas en salle de cinéma avec ma carte illimitée, je dévore ce que je trouve sur Netflix, je n’hésite pas non plus à attendre qu’une série télé soit bien développée avant de la regarder d’une traite en DVD. La plupart des genres m’intéressent, il y a du très bon et du très mauvais dans tout et parfois on peut très bien apprécier ou passer un bon moment avec un mauvais film. D’ailleurs je suis très amatrice de nanars. Regarder des films fait partie de mon «hygiène de vie», c’est devenu une habitude, un rituel, un besoin.

Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu? Si oui, lequel?
Non, ça devait probablement être un Disney du genre Robin des bois ou un film d’aventures, mais ça remonte à beaucoup trop loin !

Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images?
Il y en a une tonne. Je vais en citer pas mal par rapport à vos questions suivantes mais dans la liste des films qui ont pu me marquer, sans ordre de préférence: Les dents de la Mer; Voyage au Bout de l’enfer; The Raid; Sympathy for Mr Vengeance; Conan le Barbare; Excalibur; Rocky; Terminator; Valhalla Rising; Le jeu de la Mort; Retour vers le futur; Il était une fois dans l’Ouest; Blade Runner; Kill Bill; Taxidermie; Beasts of no Nations; Le Secret des Poignards Volants; Snatch; Requiem for a Dream; The Wrestler; Amadeus; Le Bon, la Brute et le Truand; Re-Animator; Bad Taste; la série Black Mirror; Braindead; Sin City; Mother; Castaway on the Moon; Star Wars; Eternal Sunshine of a Spotless Mind; The Host; Virgin Suicides; The Crow; Le Dernier des Mohicans; Matrix; Broken (de Sean Ellis); The Wrestler; Mad Max 2; Mad Max Fury Road; Memories of Murder; Midnight Express..

Un film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation?
Le fabuleux destin d’Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001). Le mot révélation est un peu fort, ce film n’a pas changé ma vie, mais j’avais été exaspérée par toutes les critiques et souvent, trop de pub me dissuade d’aller voir un film. J’attends qu’on arrête d’en parler et je décide ensuite de le regarder en tâchant d’avoir un regard neuf. L’affiche ne m’avait pas du tout inspirée mais comme beaucoup de personnes j’ai trouvé le film très délicat, mignon, touchant. Une bonne bouffée d’oxygène avec un Paris montré sous son meilleur jour.

Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un «avant» et un «après» un film?
Très certainement Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1978) que j’ai vu petite. La cassette vidéo traînait chez moi et j’ai donc entrepris de le regarder seule. Quel choc. Je crois que pour la première fois de ma vie j’expérimentais le sentiment de deuil. Pas d’espoir ni de rédemption, je pense avoir grandi un peu ce jour-là, mais je ne le regrette pas. On a tendance à surprotéger les enfants tout en les exposant à de la violence virtuelle. Mais, ici, c’est une violence qui a du sens, qui est ancrée dans l’histoire. Elle est initiatique.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma?
Évidemment. Il y a de fortes chances que les casques 3D se développent et que l’on ait plus de cinéma à vivre comme une expérience individuelle et sensorielle. Pourquoi pas, mais au bout de compte, je pense vraiment que la force initiale d’un film c’est son écriture, puis la vision que propose le réalisateur. Le reste, les effets, ne sont que des bonus.

Votre dernier coup de cœur?
Trivisa (Frank Hui Hok-Man et Vicky Wong Wai-Kit, 2016), film chinois que j’ai découvert au Festival du film dernièrement à Hong Kong, et 10 Cloverfield Lane (Dan Trachtenberg, 2016) que j’ai trouvé excellent.

QUIZ CHAOS DU CINEPHILE
Un film : Valhalla Rising (Nicolas Winding Refn, 2009)
Une histoire d’amour : Mother (Bong Joon Ho, 2009)
Un sourire : Totoro
Un regard : Gizmo
Un acteur : Mike Schank dans American Movie(Chris Smith, 1999)
Une actrice : Eva Green
Un clown triste : Brandon Lee dans The Crow (Alex Proyas, 1994)
Un début : Conan le Barbare (John Milius, 1982)
Une fin : Requiem for a Dream (Darren Aronofsky, 2001)
Un coup de théâtre : Oscar (Édouard Molinaro, 1967)
Un générique : Le bon, la brute et le truand (Sergio Leone, 1966)
Une scène clé : La scène de la caravane dans Snatch (Guy Ritchie, 2000)
Un plaisir coupable : The Raid (Gareth Evans, 2011) mon porno d’action
Une révélation : Le Jeu de La Mort
Un gag : tout le cinéma de Charlie Chaplin
Un fou rire : Les Marins de la Mer de Chine, Ninja Condor 13
Un film malade : Taxidermie, Tetsuo, La Chair et le Sang, Trolls 2 (la catégorie Films Malades est l’une de mes préférées..)
Un rêve : Eternal Sunshine of a Spotless Mind. Dans un autre genre: Le secret des Poignards Volants
Une mort : La scène finale de The Devil’s Rejects (Rob Zombie, 2005)
Une rencontre d’acteur : Aucune de marquante…
Une scène de cul : Dracula (Francis Ford Coppola, 1992). La scène de viol dans le parc…
Une réplique: Oh la la, il y en a beaucoup trop… Je dirais : «Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes»; «Il n’y a pas de cuillère»; «C’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut.»
Un silence : La Maison aux 1000 cadavres. Lorsque le flic, à genoux, attend pour se faire buter… Les magnifiques silences qui ponctuent The Revevant. Toute la filmo de Kim Ki Duk!
Un plan séquence : la scène de combat de Old Boy, la scène d’ouverture de The Revenant
Un choc : Valhalla Rising; Sympathy for Mr Vengeance
Un traumatisme : Voyage au bout de l’Enfer
Un gâchis : The Wrestler. Grand film qui méritait plus d’intérêt que Noé
Un souvenir de cinéma qui hante : Blade Runner
Un film français : Nikita
Un réalisateur : Bong Joon Ho
Allez, un second : Nicolas Winding Refn
Un fantasme : Roy Batty
Un baiser : Alien; Entretien avec un Vampire (l’étreinte de Tom Cruise/Lestat qui mord à la gorge Brad Pitt/Louis)
Une bande son : Il était une fois dans l’Ouest; Maniac; Snatch
Un somnifère : L’Étrange histoire de Benjamin Button
Un frisson : Excalibur
Un monstre : The Host / Mothra
Un torrent de larmes : Midnight Express

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici