Benoit Forgeard, réalisateur: « Tant que l’humanité sera assoiffée de chaleur et d’intelligence, la fin du cinéma restera une utopie »

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QUOI DE PLUS CHAOS QUE BENOIT FORGEARD? C’est vrai, ça. Quoi de plus chaos que Benoît Forgeard? Peut-être son premier long métrage: Gaz de France, en salles le mercredi 13 janvier. Dans la France des années 2020, Michel Battement (aka Olivier Rabourdin), l’éminence grise du chef de l’état, doit d’urgence remonter la cote de popularité du président Bird (aka Philippe Katerine) afin d’empêcher la chute imminente du régime. Au fin fond des sous-sols surchargés de l’Élysée, il organise une consultation secrète, en compagnie des meilleurs cerveaux du pays. OUI, OUI, OUI… Il semble que Benoît speaks CHAOS. Allô, Benoît?!?

Quel est votre rapport au cinéma?
Benoît Forgeard: J’entretiens de bons rapports avec le cinéma. Je vais parfois chez lui, il vient parfois chez moi. Seul reproche : c’est quelqu’un de vieux qui parle beaucoup et écoute peu.

Quel est le premier film que vous avez vu?
Le film de ma vie, vu dans le ventre de ma mère. Spectacle total, film-monument d’une durée de neuf mois. Œuvre éblouissante, profitant néanmoins de ma situation de spectateur captif pour me faire avaler de nombreuses incohérences.

Des films marquants ?
Splash. Un mauvais réglage du projecteur m’a laissé pour toujours un phosphène en forme de sirène sur la rétine.

Quel film vous a fait quitter la salle?
La plupart. Sur les 500 films environ que j’ai eu la chance d’aller voir au cinéma, je ne suis resté que 3 fois jusqu’à la fin.

Quel est le film que vous n’aviez pas envie de voir et qui a été une révélation?
La vidéo-surveillance du cambriolage de mon appartement.

Vous avez déjà eu un «avant» et un «après» un film ?
Au revoir les enfants, au cours duquel j’ai perdu ma virginité.

Le film à emmener sur une ile déserte ?
N’importe quel film de Yann-Arthus Bertrand. La combustion de son DVD permettra d’assurer la cuisson de deux repas.

En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Tant que l’humanité sera assoiffée de chaleur et d’intelligence, la fin du cinéma restera une utopie.

Dernier film vu et aimé?
La sextape de mon propre couple, offert par ma mère à Noël.

QUIZ CHAOS DU CINÉPHILE
Un film: Orange mécanique
Une histoire d’amour : The Color wheel

Un sourire: Patricia Neal dans Un homme dans la foule
Un regard: John C. Reilly
Un acteur : Charles Denner
Une actrice : Maya Rudolph
Un clown triste : Michel Onfray dans La Moufle
Un début : Terminator
Une fin: Beginners
Un coup de théâtre : Le Limier (Sleuth)
Un générique : Celui (de début) de Lost in translation.
Une scène clé: Le Privé (la scène de la canette de Coca)
Un plaisir coupable : Écraser des Michokos sur les sièges voisins dans l’attente d’un spectateur. Inviter quelqu’un à s’y asseoir.
Une révélation : Moi-même en tant que spectateur devant La famille Bélier, capable d’une immense tolérance.
Un gag : La toile de tente qui se replie dans Comme un avion
Un fou rire : Jacques François. A chaque apparition.
Un film malade: Titanic («malade en mer», précisément)
Un rêve : Celui du spectateur endormi devant mon film.
Une mort : Charles Bronson dans les Sept Mercenaires. Mort idiote par la faute d’une moule avariée.
Une rencontre d’acteur : Jean-Hugues Anglade dans le Thalys. Alors que je sortais des toilettes, il a refusé de me signer un autographe.
Une scène de cul : Toutes mes excuses, j’avais lu «une scène de recul». Tant pis. Ma scène de recul préférée : celle où De Funès reconnaît un Haut-Médoc rien qu’en l’examinant du regard.
Une réplique : «Vous n’aimerez peut-être pas ce que vous allez découvrir» dans La Planète des Singes
Un silence : Un Homme un vrai, des Frères Larrieu. Le silence qui suit la démonstration des coqs de bruyère.
Un plan séquence: Un plan-séquence ultra-bref.
Un choc : Le chèque. Un homme reçoit un chèque d’un million d’euros. Il meurt sur le coup.
Un artiste sous-estimé : L’homme qui peint les passages piétons.
Un traumatisme: Duel de Steven Spielberg. Dix-sept ans de cauchemar et l’incapacité de conduire un camion, encore aujourd’hui.
Un gâchis : La carrière d’acteur d’Etienne Daho
Un souvenir de cinéma qui hante : Les Fugitifs de Francis Veber, un dimanche de grâce, avec les trois plus jolies filles de ma classe de quatrième.
Un film français : Traitement de choc
Un réalisateur : Michel Moisan
Un second : Michel Deville
Un fantasme : Ce qui se passe dans l’ellipse de Charlie et ses deux nénettes
Un baiser : Lya Lys embrassant l’orteil d’une statue dans L’Age d’Or
Une bande son : La musique de Gaz de France, par Bertrand Burgalat. Je ne connaissais pas. Je viens de découvrir.
Une chanson pour le cinéma (qui n’apparaît dans aucun film): France culture d’Arnaud Fleurent-Didier. Tellement forte qu’on ne pourrait y ajouter qu’un simple gros-plan en plan-séquence d’un type attablé à une terrasse.
Une chanson de cinéma (qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma) Quand on s’promène au bord de l’eau. Jean Gabin.
Un somnifère : Barbiturella
Un frisson : Baby-sitting 2, en découvrant que j’étais assis auprès du Dalaï-Lama.
Un monstre : Jean Yanne, dans Que la bête meure.
Un torrent de larmes : Taxi. Jamais autant pleuré devant un film. De dépit.

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