Parce qu’un clip, c’est lorsque la musique commence, et que l’image – et donc le cinéma – prend le relais. Parce qu’un clip c’est un court, c’est un film. Parce qu’un clip ça peut être chaos, très chaos. Surdiffusés, méconnus, scandaleux ou sublimes : éteignez les lumières, montez le son, voilà le chaos en quelques minutes.
«My heart is black and my body is blue» C’était en 1998 et Jonas Akerlund était en pleine explosion chaos. Imaginez, le bougre sortait alors de Smack my bitch up, classique indémodable du clip concept/trashouille/subversif pour les prodiges Prodigy. Sur la même lancée, My Favourite Game du groupe pourtant très sage des Cardigans (oui, comme le truc que vous mettez sur les épaules pour sortir les poubelles), prit la même pente savonneuse du chaos (évidemment). La chanteuse Nina Persson y est seule en plein désert, choisissant méticuleusement un gros caillou pour l’enfoncer sur l’accélérateur de son bolide. Et en voiture Simone!
Tout ça n’est forcément pas bien prudent, et les rares automobilistes finiront alors plantés dans le décor dans des ralentis apocalyptiques. Il fait tellement chaud sur le bitume que le faux tatouage de Nina déteint sur la banquette, Felix le chat passe par-dessus bord, les victimes de la route se multiplient. Sensation de danger et d’abandon qui fait chauffer le moteur et fait grimper les frissons. C’est trop (forcément). Jugé sans doute inconscient et malade (tout ce qu’on aime), Jonas devra sortir les ciseaux, et la vidéo aura droit à au moins cinq versions (!!), toutes entaillant l’épilogue où la jolie Nina se mange une bagnole, conduite fatalement par les autres membres du groupe.
Pèle-mêle: Nina se relève et s’en va (bof), Nina meurt (moui), Nina se prend son rocher sur la tronche façon Looney Tunes (euh), Nina reste dans sa voiture (ah?), ou Nina se fait décapiter (oh!). Sans compter certaines chaînes qui ont jugé bon de virer les scènes de crash. Mais oui bien sûr. En attendant, c’est toujours très chaos.

