Les Yeux de Julia : Interview Guillem Morales

Avec Les Yeux de Julia, son second long métrage, Guillem Morales suit la trajectoire de Alejandro Amenabar et Jaume Balaguero pour devenir un maître de l’angoisse en Espagne.

AVANT «LES YEUX DE JULIA»
«Dans Backroom, mon premier court métrage, je ne traitais pas seulement de nudité mais aussi de sexualité. Les rapports entre les personnages étaient basés sur le sexe. Involontairement ou non, Les Yeux de Julia possède son empreinte. Le traitement se révèle différent, moins frontal. Dans les deux cas, je reste passionné par la notion de subjectivité au cinéma. Je suis passé au long avec El Habitante Incierto qui a été plutôt bien accueilli. J’ai reçu une nomination pour le Goya du meilleur réalisateur et j’ai longtemps été impliqué dans la possibilité d’en réaliser un remake américain. Malheureusement, je n’ai pas remporté le Goya et le remake n’a jamais vu le jour, jusqu’à présent.»   

GIALLO
«En toute sincérité, mon intention de base n’était pas de réaliser un giallo même si j’adore le genre – mon giallo préféré étant Six femmes pour l’assassin (Mario Bava, 1964) pour son atmosphère que je continue de trouver incroyable. Je pense réellement que c’est une conclusion qui saute aux yeux après avoir vu le film. Certes, on peut penser à Ténèbres, de Dario Argento, et on y retrouve quelques points communs (la femme en danger, le tueur, le fétichisme, les séquences horrifiques sur une trame de thriller). S’il s’agit d’un giallo, on peut aussi le considérer comme le premier giallo féministe…»

GUILLERMO DEL TORO
«En tant que coproducteur, Guillermo Del Toro est une aide pour différentes raisons. Vous savez, dès le départ, qu’il va gérer toutes les étapes et qu’il comprendra tout ce dont vous avez besoin pour donner le meilleur. Même lorsqu’il y a un problème ou quelque chose ne marche comme prévu, il est présent pour vous épauler. Parfois, il donne son point de vue, quelques suggestions en ouvrant des pistes pertinentes, tout en respectant la place du réalisateur et ses décisions même s’il ne les comprend pas toujours. Ce genre de producteur cinéphile n’existe presque plus. Et puis, Guillermo aide la violence au cinéma, plus que moi encore.»

ATMOSPHERE
«Pour créer une atmosphère, je me repose sur les mouvements de caméra, le son, la musique. DansLes Yeux de Julia, je désirais créer une atmosphère onirique, pour que le spectateur ait l’impression de rêver. Lors de la pré-production, j’ai préparé un story-board ; ce qui m’a permis de voir en amont à quoi le film ressemblerait visuellement. Sur le tournage, j’essaye d’utiliser la créativité de chaque technicien, comme un chef d’orchestre. Tout est construit pour que le spectateur passe un bon moment de cinéma et que, pourquoi pas, il pense à la dernière chose qu’il aimerait voir, vivant.»

LES YEUX MALEFIQUES / PAR GUILLEM MORALES

SEULE DANS LA NUIT (Terence Young, 1967) 
«De manière générale, je préfère vous prévenir que j’ai plus été inspiré par l’esthétique du jeu vidéo que par des films, sauf peut-être Seule dans la nuit. L’histoire des Yeux de Julia parle d’une femme atteinte de cécité progressive et cela me permet de jouer sur l’acuité visuelle, comme dans le film de Terence Young»

LES YEUX DE LAURA MARS (Irvin Kerschner, 1978) 
«Je revois Faye Dunaway courir, traquée par un psychopathe. Elle peut voir ce que son persécuteur voit au même moment. Quelque chose comme ça. Je me souviens d’un bon thriller avec un bon concept mais un peu désuet aujourd’hui.»

JENNIFER VIII (Bruce Robinson, 1993)
«Je sais que je l’ai vu. Que des femmes aveugles sont poursuivies par un tueur. Mais je n’en ai conservé aucun souvenir.»

BLINK (Michael Apted, 1994)
«Oups, je l’ai pas vu. C’est bien?»

BLIND TERROR (Richard Fleischer, 1971)
«Oh, oui, je me souviens de ce film hallucinant. Mia Farrow joue une aveugle, entourée par des morts, mais elle ne les remarque pas. Guillermo Del Toro m’en a beaucoup parlé pendant le tournage. Très, très effrayant.»

THE EYE (Pang bros, 2003)
«Un film de fantômes, c’est ça? Pas vu non plus»

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