Découvert dans le cadre du festival Chéries-Chéris, l’univers de la réalisatrice Paloma Lopez est un concentré de références artistiques et d’inspirations queer où se croisent aussi bien les délires grotesques de Gregg Araki que l’ambiance érotico-expérimentale de Fabrice du Welz. Ces deux références bien distinctes font cependant sens en voyant le parcours de cette artiste vénézuélienne naviguant entre la France et les États-Unis. Passant d’une commande pour une publicité façon extraterrestre et fin du monde (Starpercent) à un court métrage beaucoup plus personnel sur l’introspection d’une petite fille perdue dans la campagne et se rêvant chanteuse star (Singer), chaque film est semblable à un bonbon acide et moelleux à la fois. Son dernier projet à date Girls and the Party, où une bande de jeunes latinas se pimpent dans une salle de bain et discutent cul et garçons tout en refrénant leurs désirs secrets, est une petite bombe de malaise. Mise en scène douce et cruelle faisant la part belle à l’utilisation du 16mm, silences gênants et répliques cinglante en prime, la réalisatrice touche du doigt une réalité triste où, encore aujourd’hui, il est préférable de préserver les apparences plutôt que de s’assumer et révéler ses désirs. Son prochain film, d’ores et déjà en post production, s’appelle Home, il parlera d’immigration et de grenouilles. Pas le temps de respirer, Paloma Lopez en prépare déjà un autre, non moins mystérieux, situé pour la première fois à Paris. En attendant de découvrir ses nouvelles visions, on vous laisse en lien (cliquez ici) le bien chouette site internet regroupant les films de cette surdouée.
