Arthur Bellot, fondateur du label Love Theme Music, derrière l’anthologie des bandes originales de Bertrand Bonello et prochainement celle de La Bête, nous donne ses 5 BO préférées au cinéma en 2023.
The Kingdom Exodus de Lars von Trier – musique Joachim Holbek
«Le morceau du générique, entendu pour la 13ᵉ (nombres d’épisodes au total), nous ouvre une dernière fois les portes du Rigshospitalet de Copenhague pour cette saison finale Exodus. Prologue d’une messe noire dont les paroles sont écrites par le prince des ténèbres Lars von Trier, il pourrait être sorti d’un album de Beheloth et nous prépare parfaitement à tout ce qui va suivre.»
Passing Time de Terence Davies – musique Florencia di Concilio
«Le festival du film de Gent a eu l’idée de proposer à des cinéastes de réaliser un court métrage en réponse à des musiques composées pour l’occasion. Ce qui donne ce bouleversant court métrage de 3,9 min de Terence Davies sur la musique de Florencia di Concilio. Le cinéaste y récite un poème d’amour écrit pour sa sœur sur une orchestration qui semble respirer à travers la poésie et le paysage bucolique d’Essex (région en Angleterre où il vit). Je ne connaissais pas Terrence Davies qui est décédé quelques semaines après la sortie de Passing Time, qui sera ma porte d’entrée à son cinéma.»
PEACE de David Lynch – musique Angelo Badalamenti
«David Lynch a sorti une vidéo il y a un an, d’une durée de 1 min 43 sec en non répertorié sur sa chaîne Youtube. Le compositeur n’est pas crédité, mais il s’agit sans aucun doute de son partenaire musical Angelo Badalamenti, parti l’an dernier pour l’éternel. Un seul mot, une musique magnifique, le message est passé.»
Yannick de Quentin Dupieux – musique Emahoy Tsege Mariam Gebru
«Il ne s’agit pas d’une composition originale, mais de l’utilisation du morceau The Mad Man’s Laughter de la pianiste éthiopienne Emahoy Tsege Mariam Gebru pour la scène finale. Une mélodie apaisante, virtuose, mais aussi un peu désorganisée rappelant la spontanéité et la liberté du personnage principal; et ces images de descente de police, froide et organisée, dont on comprend l’issue inexorable. Ce final nous propulse en suspension, où la violence fera tomber le rideau.»
Un Prince de Pierre Creton – musique Jozef van Wissem
«Le compositeur et joueur de luth Jozef van Wissem a signé, selon moi, la plus belle musique de film de l’année. Dans ce film merveilleux, en plus d’offrir des tableaux sublimes, ses «suites de pièces princières» permettent au film d’être transporté dans une dimension fantastique où toute la puissance et la magie du récit se révèlent et terrasse le spectateur. La bande originale serait en préparation pour sortir l’an prochain.»
