Trimballée par sa maman esthéticienne, une petite fille franchit le seuil d’un manoir bourgeois: auprès de gamines de son âge, elle se voit invitée à rejoindre la partie d’un curieux jeu de société, mariage bizarroïde du jeu de l’oie revisité et d’un Monopoly interdit. Un jeu où l’argent, le vrai, est en jeu… Après Nuage, Margaux ou encore Le jour où Maman est devenu un monstre, la réalisatrice Joséphine Darcy Hopkins continue son pèlerinage en terre horrifique avec une sensibilité qui ne ressemble à aucune autre. Avec Les dents du bonheur, à découvrir online sur Arte, elle est loin de choisir la carte de la facilité, entre métaphore sociale revendiquée et tournage avec de jeunes enfants incluant quelques scènes fort éprouvantes (vous êtes prévenus!). Le constat est pourtant sans appel: l’osmose entre l’humour noir, la direction d’acteur, et la description acide de la violence de classe est totale, inespérée, et ne donne envie de dire qu’une chose par-dessus tout: vite, un long-métrage pour Josephine! J.M.
