[Les archives d’après minuit] Programme chaos visible à partir du 22 janvier sur Madelen, la plateforme svod de l’INA

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On avait évoqué ici ce projet de web série destiné à explorer les archives de l’INA, et dans la foulée, la production nous a invités sur le tournage. On en a reparlé quand les auteurs Lucas Hesling et Christopher Marco sont venus présenter quelques-uns de leurs courts-métrages à l’Étrange festival. Le programme est désormais visible à partir du 22 janvier sur Madelen, la plateforme svod de l’INA. Première production originale maison, elle est destinée à ouvrir les portes des archives et à faire découvrir l’étendue de ce qui s’y trouve.

Le programme, composé de 12 courts métrages de 7 minutes chacun, est une compilation des images les plus bizarres et déviantes: monstres, animaux, sang, sexe, extraterrestres, savants fous, chacun des thèmes est illustré d’un montage d’extraits qui revisitent une variété de productions plus ou moins oubliées de la télévision, qui vont des séries de l’ORTF à Apostrophes, en passant par les émissions de Dionnet et Manœuvre, les sexy folies des années 80, sans oublier les micro trottoirs. Le tout dans une présentation spécialement conçue. Les réalisateurs Lucas Hesling et Christopher Marco se sont rencontrés à l’INA, lorsqu’ils préparaient chacun un master, l’un en production, l’autre en patrimoine audiovisuel. Comme ils avaient des cours en commun, ils se sont découvert une passion mutuelle pour le fantastique et l’horreur. Un jour, L’INA a lancé un appel à projets pour une websérie à base d’archives destinée à donner envie d’explorer leur plateforme Madelen, créée voici près de deux ans. La seule condition, c’était de réaliser des formats courts à partir d’archives. Le duo s’est porté candidat en proposant pour thème le fantastique, sachant que le genre était bien représenté par une quantité d’adaptations d’œuvres littéraires réalisées pour la télévision. Hesling et Marco ont commencé à explorer ce qui existait sur les monstres avant de se rendre compte qu’il existait une telle diversité de matériel que le thème pouvait être largement développé. À cette étape, leur candidature était validée, et ils ont étendu leur recherche pour finir par dégager 12 thèmes. La nécessité de présenter l’ensemble avec un point de vue cohérent a amené l’idée d’une présentatrice lointainement inspirée d’Elvira ou de la sorcière des Contes de la crypte, tandis que la mise en scène réclamait 12 décors différents pour illustrer chacun des thèmes. Les cinéastes ont fait appel à la plasticienne et photographe Salomé, qui réalise des décors en papier et carton avec un résultat à la fois stylisé et onirique. Pour incarner la narratrice, ils ont fait un casting et choisi Daphné, une comédienne polyvalente qui fait aussi bien du stand up que du lectorat, du burlesque et du doublage.

Le tournage a eu lieu dans les studios de l’INA à Brie sur Marne. Construits dans les années 70, ils sont typiques de cette conception à l’ancienne avec cintres au plafond et passerelles pour opérer les projecteurs, ce qui ne se fait plus du tout aujourd’hui pour des raisons de coût. Ils sont peu utilisés, en tout cas pas pour tourner des fictions, et servent surtout à la formation. Les réalisateurs des Archives d’après minuit ont été ravis d’y installer leur production, qui s’avère à la fois économique et relativement confortable avec son équipe d’une quinzaine de participants. Le tournage a été serré avec une durée incompressible de 12 jours, un par épisode, ce qui n’était pas de trop. La décoratrice arrivait tôt le matin pour installer le décor du jour, et partait tard après l’avoir désinstallé pour laisser la place à celui du lendemain. L’approche, dictée par l’économie, est assez théâtrale avec le décor en carton-pâte encadré de trois murs, tandis que les réalisateurs profitent de la liberté qui leur est offerte pour utiliser des trucs à la Méliès, comme filmer à l’envers avant de remettre l’image à l’endroit pour obtenir un effet bizarre. C’était aussi un tournage Covid-19 avec port du masque obligatoire. Par la suite, il restait au monteur à rendre fluide et cohérente la somme d’images qui lui était confiée. Le résultat est maintenant visible, et si le programme est centré sur le fantastique, il remplit bien son rôle, à savoir ouvrir la boîte de Pandore des archives elles-mêmes. Elles représentent une mine colossale qui couvre tout ce qui a pu être produit pour la télé, séries, films, rendez-vous littéraires, et jusqu’aux émissions musicales comme Chorus. De quoi y passer des heures. G.D.

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