LES 5 FILMS CHAOS DE… PASCAL-ALEX VINCENT

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MONDOCHAOS! C’est au tour de Pascal-Alex Vincent, cinéaste, auteur du magnifique coffret L’Âge d’or du cinéma japonais chez Carlotta, de livrer ses 5 films Chaos, dans sa filmographie de prédilection.

UNE PAGE FOLLE de Teinosuke Kinugasa (1926)
Un orage et un asile de fous. Le cinéma japonais est encore muet et l’avant-gardiste Teinosuke Kinugasa nous terrifie avec ce film annonçant le meilleur de la J-horror à venir. Montage frénétique, surimpressions, flashbacks, animation, absence d’intertitres: Kinugasa s’autorise tout pour nous plonger dans ce déluge d’images mentales à la puissance formaliste inouïe. Peut-être le seul film muet qu’on a l’impression d’entendre, aussi.  Et ce qu’on entend nous glace le sang. Curieusement, c’est du côté de la France qu’il faudra chercher un lointain équivalent (mais en plus sobre), avec La Chute de la Maison Usher de Jean Epstein (1927).

GODZILLA VERSUS YOUNG GUY (1964)
Et si les films les plus chaos étaient les films inachevés ? C’est le cas avec ce Godzilla versus Young Guy mis en chantier par la Toho en 1964. Planifié pour sortir pour les fêtes du Nouvel An 1965, la Toho promet alors le coûteux crossover de ses deux franchises les plus rentables: Godzilla, le montre atomique, et Young Guy, le chanteur yéyé, héros de 17 longs-métrages (la série des «Wakadaisho» en VO). Godzilla amadoué par les riffs de surf music de Young Guy: voilà une idée chaos! Les prises de vue commencent en Mai 1964, après que l’affiche du film, déjà prête, soit placardée dans tous les cinémas. On allait voir ce qu’on allait voir ! Sauf que le chanteur Yuzo Kayama, monsieur Young Guy, est retenu par le tournage-fleuve de Barberousse de Kurosawa, le film destiné à lui donner ses galons d’acteur crédible. Qu’importe : pour gagner du temps, Akira Ifukube enregistre la BO. Ne manquent plus que les plans avec Young Guy. Mais après quelques réunions, le film est abandonné. Trop chaos?

LES TUEUSES EN COLLANTS NOIRS de Yasuharu Hasebe (1966)
Avant la vague de films dits de Pinky Violence dans les 70’s (des films de gangs de filles pas très habillées mais très énervées), il y eu ces Tueuses en collants noirs de Yasuharu Hasebe. Un gang de filles ninjas donne bien du mal au beau Akira Kobayashi, star masculine de l’époque. Et pour cause : leurs armes sont inédites. Les demoiselles se battent avec des mètres déroulants, des chewing-gums ou encore des 45 Tours, utilisés comme autant d’armes redoutables! Le titre original est « Ne me touchez pas, je suis dangereuse », c’est dire. Le film est à l’intersection d’oeuvres telles que Danger: Diabolik de Mario Bava et Faster Pussycat Kill Kill! de Russ Meyer. Une fête chaos, pour les yeux et pour les oreilles.

LES FUNÉRAILLES DES ROSES de Toshio Matsumoto (1969)
Gloire à Toshio Matsumoto, disparu il y a quelques jours. Ce compagnon de la Nouvelle Vague japonaise offre un saisissant portrait du Tokyo turbulent de la fin des sixties par le prisme d’un jeune travesti, Peter (mineur au moment des faits). Le film croise tellement de genres et de supports qu’il est difficile à décrire. C’est politique, c’est sexuel, c’est tragique, c’est drôle, c’est abrasif, c’est chaos. Alors, voyez-le!

HOUSE de Nobuhiko Obayashi (1977)
Un film de fantômes tellement chaos qu’il vaut mieux le regarder en plusieurs fois, sous peine de migraine. Des lycéennes partent en vacances chez la tante de l’une d’entre elles, qui vit isolée dans une grande maison avec son chat blanc. Enorme succès de l’été 1977 et possible influence du Evil Dead de Sam Raimi. Le spectateur a l’impression d’être mis dans une centrifugeuse, et ressort épuisé de l’expérience. Suite à ce film, le cinéaste Nobuhiko Obayashi ira tourner un spot publicitaire avec Catherine Deneuve. Une fan?

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