«Le retour de Chucky», ça en valait la peine?

[AVIS À CHAUD] Plus increvable encore qu’Annabelle et bien plus efficace, la poupée Chucky fait partie de ces rares franchises horrifiques à ne pas avoir encore subi les affronts d’un reboot inodore et pseudo branché. Quid du septième volet de la saga « Chucky » qui est totalement passé sous le radar?

Quatre ans après avoir été arrêtée et internée dans un asile pour le meurtre de sa famille, Nica change d’hôpital et intègre un nouveau groupe thérapeutique. Dans son esprit, Chucky n’est plus que la manifestation de son esprit schizophrène. Mais quand des nouvelles poupées «Brave Gars» font leur apparition, dans un but thérapeutique, la poupée possédée est à nouveau à l’œuvre, plus cinglée et puissante que jamais.
Depuis les premiers exploits meurtriers du serial-killer Charles Lee Ray, réincarné dans le corps d’une poupée rouquine que vous n’oseriez jamais offrir à votre pire neveu, la saga Chucky est passée entre les mains d’artisans plus ou moins impliqués. Le Hongkongais Ronny Yu avait été l’artisan de son renouveau avec l’azimuté La fiancée de Chucky en 1998, mais depuis 2004, c’est le scénariste et créateur du personnage, Don Mancini, qui préside seul à la destinée de sa poupée de sang. Mancini, c’est bien simple, il n’a fait que du Chucky dans la vie. C’est sa grande œuvre, et peu importe si le concept d’une poupée aux petites jambes parvenant à tuer des dizaines d’humains faisant trois fois sa taille, au bout de sept épisodes, paraît un peu idiot: il traite sa mythologie avec le plus grand sérieux.
Il y a quatre ans, La malédiction de Chucky investissait le genre du huis-clos angoissant, l’histoire étant centrée autour d’une femme paraplégique et a priori sans défense, Nica (Fiona Dourif, fille de), coincée dans une grande demeure avec Chucky (Brad Dourif, père de). Mettant le gore en sourdine, Mancini livrait une série B étonnante, qui pâtissait d’un rythme en dents de scie et d’une direction artistique pas toujours à la hauteur. Les mêmes défauts apparaissent dans Le retour de Chucky (Cult of Chucky en VO, à la fois plus original et révélateur du concept du film), qui choisit une fois encore de circonscrire l’action dans un lieu unique, mais plus grand, plus esthétisant. L’asile où est enfermée Nica est aussi lugubre à l’extérieur que d’une blancheur clinique à l’intérieur: un contraste idéal pour représenter l’espace mental d’une héroïne pas entièrement persuadée que le tueur en salopette n’était qu’une illusion, comme le répètent ses médecins.
C’est tout l’intérêt du Retour de Chucky que de jouer avec une galerie de personnages fous et dérangés, qui questionnent (ou non) chacun à leur manière la possible existence de Chucky, dupliquée pour l’occasion en plusieurs exemplaires. C’est un peu comme si, toutes proportions gardées, un croquemitaine du cinéma bis se mettait à saccager l’univers de Vol au-dessus d’un nid de coucou, dans un éclat de rire rigolard et une explosion de sang et de prothèses. Ce côté slasher sanglant, Le retour de Chucky l’épousera dans une dernière bobine sadique et old school dans ses effets. Le tableau serait réjouissant si Mancini ne s’escrimait à faire revenir encore et encore des personnages supposément «emblématiques», comme le fade Andy (joué par l’ancien gamin… du premier opus!) ou Tiffany/Jennifer Tilly. Des pièces rapportées qui handicapent plus qu’autre chose un petit exercice de style délicieusement suranné.

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