Chouchoute du festival de Berlin depuis vingt ans (elle y a été honorée deux fois), la cinéaste Naoko Ogigami bénéficie enfin d’une sortie en salles chez nous avec son dernier opus, la comédie Le Jardin zen. Ogigami, c’est la championne du dérèglement domestique, et son film de 2017 Close-Knit (sensation, cette année-là, des festivals LGBTQ), proposait déjà une cellule familiale hors des clous, avec son personnage de femme trans devenue, malgré elle, mère de famille de substitution.
Ici, la sensationnelle Mariko Tsutsui (déjà impériale dans L’infirmière de Koji Fukada) incarne Yoriko, épouse sous influence (elle fréquente une micro-secte bien azimutée) qui vrille au moment du retour inattendu de son mari longtemps évaporé. Fini la vie aussi bien ordonnée qu’un jardin de cailloux, place au chaos. Le foyer devient alors un petit théâtre fantastique et zinzin, aux accents polanskiens (période 60’s) et bunueliens, et où tout le monde marche au bord gouffre. C’est tonique et jouissif, comme un flamenco arrosé de saké.



