Le film d’horreur « Iron Lung », carton surprise au box-office US, projeté dans des salles en France en février

Qu’on approuve ou désapprouve la chose, force est de constater que c’est un phénomène en soi : Mark Fischbach, alias le créateur youtubeur, Markiplier (38,2 millions d’abonnés sur YouTube) a réalisé tout seul comme un grand Iron Lung, un film qu’il a auto-produit et auto-distribué, auto-tout et qui, miracle, a réalisé, en seulement trois jours d’exploitation, un box-office de 17,8 millions de dollars aux États-Unis sur 3 000 écrans. Ce qui fait beaucoup et suffit à dire qu’il y a bel et bien un phénomène. Un phénomène de foire ? Sans doute. Et un phénomène à voir, parce que ça rime.

Alors qu’on regardait l’effervescence de la chose outre-Atlantique avec un mélange de curiosité et de perplexité, voilà que le film débarque au pays de Michel Drucker : Iron Lung arrive dans les salles françaises les 19 et 20 février dans le cadre d’une nouvelle édition du « YouTube Ciné-Club par mk2 ». Objectif : rameuter la jeunesse en salles ! Adapté du jeu vidéo du même nom de David Szymanski, ce film d’horreur et de science-fiction pourrait bien séduire toute une génération qui aime à se faire peur avec les creepypastas et les hurlements de ISnowSpeed lorsqu’il joue aux jeux vidéo.

Le récit, car il y en a un, prend la forme d’un huis clos aux accents lovecraftiens. L’action se déroule dans un futur où un cataclysme a anéanti presque toute vie dans l’univers. Un détenu, Simon, accepte une mission suicidaire : descendre seul dans un océan de sang à bord d’un sous-marin d’une seule pièce, pour cartographier une lune lointaine. Récompense promise : sa liberté. Une fois immergé, les communications se coupent. Les seules traces du monde extérieur passent par des clichés granuleux révélant des squelettes de créatures inconnues. Très vite, Simon comprend qu’il n’est pas seul… et que la mission cache un mensonge. Craquements métalliques, parasites radio, chuchotements indistincts : le design sonore immersif transforme la salle en capsule sous pression et c’est garanti sans Mélanie Laurent.

MK2 a raison d’y croire. Avec plus de 420 000 entrées au compteur, portées par les succès de Kaïzen (Inoxtag), Terminal (Michou) ou Le Souffle de vie (Natoo), ce dispositif consistant à sortir des « films de youtubeurs » témoigne d’une incontestable mutation des usages et d’une irrévocable mutation des mœurs (scrolling intempestif partout, tout le temps, sur les réseaux sociaux). Mais pour rassurer nos stars made in France, le « phénomène » évoqué au début demeure marginal (du moins, pour l’heure), pour la simple et bonne raison qu’il est tout à la gloire de son auteur. Pas de quoi faire dégonfler les melons auto-satisfaits (« moi, ma vie, mon œuvre de jeune dans la vingtaine » ou le narcissisme d’une génération annoncée par Guillaume Canet, ses Petits Mouchoirs et sa nostalgie express qui frappe à 35 ans), ni donner envie de faire appel à une personne extérieure à la mégalomanie pour construire un récit. Dans le cas de Iron Lung, cela semble différent car on est dans le registre de la fiction et pas dans la leçon d’humilité par un faux humble. On se glissera dans une salle pour tester ce nouvel espace, entre création web (à regarder seul devant son écran) et envie de cinéma (expérience collective et immersive).

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