Trois films du réalisateur chaos Dušan Makavejev (L’Homme n’est pas un oiseau, Une affaire de cœur: la tragédie d’une employée des P.T.T. et Innocence sans protection) ressortent en salles le 5 janvier 2022, en version restaurée. Yann Dedet, Bertrand Mandico et Michel Ciment les accompagneront au gré de séances spéciales. De ce cinéaste inclassable, certains parmi vous ont certainement vu W.R. Les mystères de l’organisme (1971) – qui nécessita son exil – et Sweet movie (1974) – un pur produit de son époque, psychédélique et transgressif, avec Carole Laure recouverte de chocolat qui provoqua un scandale mondial (et qu’il serait impossible à ressortir aujourd’hui). L’occasion est donc belle et bonne de (re)découvrir son cinéma.
L’homme n’est pas un oiseau (1966)
Le premier long métrage de Dušan Makavejev. Réflexion sur la manipulation mentale des régimes autoritaires et ses conséquences sur la vie intime.
Histoire: Homme d’âge mûr et ingénieur zélé, Jan Rudinski dirige une équipe slovène venue installer une nouvelle fonderie dans l’un des plus grands centres de production du bassin minier de Bor. Malgré ses réticences, une histoire d’amour débute rapidement avec la fille de ses logeurs, Rajka, une jeune coiffeuse qui n’a pas froid aux yeux. Mais il est de plus en plus accaparé par son travail.
Une affaire de cœur: la tragédie d’une employée des P.T.T (1967)
Second film du cinéaste et déjà grand nom de la Vague noire, Makavejev analyse les rapports entre les mœurs de la société yougoslave et le régime de Tito, qui restreignait alors fortement les libertés individuelles.
Histoire: Izabela, jeune standardiste, rencontre Ahmed, inspecteur des services d’hygiène. Leur histoire d’amour passionnelle et charnelle semble les combler tous deux. Mais alors qu’Ahmed doit s’absenter pour raisons professionnelles, Izabela est courtisée assidument par un collègue. À son retour, Ahmed trouve Izabela différente…
Innocence sans protection (1968)
«Une réédition d’un bon vieux film, arrangé, embelli et commenté par Dušan Makavejev» dixit le générique. Les images du premier film parlant yougoslave –film autobiographique réalisé en 1942 sous l’occupation par Dragoljub Aleksić – se télescopent, 36 ans plus tard, avec les propos de ce personnage truculent, serrurier, acrobate et donc réalisateur de ce film longtemps perdu, d’une partie de son équipe et des images d’actualité.
