Le cinéma français est en crise: moteur, action!

0
1297

Désaffection du public, chronologie des médias, souffrance des salles d’art et essai. Le cinéma, en France, ça va pas quoi, comme dirait Anne Hidalgo face au scandale de la gare de Saint-Vallier. Ce jeudi, une partie du cinéma français a appelé à des « États généraux », s’inquiétant de l’avenir d’un système de financement unique au monde.

Quand on en appelle à des États généraux, c’est qu’il y a crise. Ce terme fait évidemment référence aux états généraux du royaume de France. Lorsque sous la monarchie et jusqu’à la Révolution française, des assemblées politiques délibéraient de manière plus ou moins régulière sur les questions d’intérêt public. Le terme est resté dans l’imaginaire français comme une solution collective à un problème donné. Il y a ainsi eu récemment des états généraux de la laïcité, de l’alimentation, du numérique pour l’éducation, de la bioéthique, de la forêt et du bois en Ile-de-France… Du cinéma, désormais? Ce jeudi 6 octobre, a eu lieu, à l’Institut du Monde Arabe à Paris, un appel en ce sens. Ainsi, pendant des heures, le micro circulait dans une salle de 400 places pleine à craquer, où s’exprimaient réalisateurs, producteurs, acteurs, exploitants, distributeurs, critiques, spectateurs et étudiants (on en voulait plus, d’ailleurs, de ces jeunes étudiants de l’École nationale supérieure Louis-Lumière réellement inquiets pour la suite!).

Réuni en marge des institutions professionnelles officielles du secteur, tout un collectif informel constitué notamment d’indépendants s’inquiète pour de bon. Premier grief: les pouvoirs publics, qui ont massivement soutenu financièrement le secteur depuis le début de la pandémie et évité les faillites, préfèrent désormais, selon le collectif spontané, « soutenir l’outil industriel plutôt que les mécanismes de la création ». Les petites structures et le cinéma d’art et essai se révèlent en effet les premières victimes de la désaffection du public. Environ un tiers des spectateurs manquent toujours à l’appel dans les cinémas, et les salles obscures ont connu un mois de septembre noir avec 7,32 millions d’entrées, le plus bas depuis que les années 1980 et le début des statistiques – à l’exception de 2020. Autre menace: le dossier toujours brûlant de la chronologie des médias et l’intégration des plateformes au système français. Cette chose complexe, si souvent résumée de façon superficielle, qui régit les dates auxquelles les films peuvent être diffusés, en streaming et à la télévision notamment, dans les mois qui suivent leur sortie au cinéma. Maintenant que tout a été (bien) dit par des gens biens (Charles Tesson, Agnès Jaoui, Arthur Harari…) et que le ministère de la Culture et le CNC ont brillé par leur absence (et ce malgré la présence d’un Jack Lang somnolent), quid de la suite? «S’il le faut, allons dans la rue pour les obliger à nous écouter», a lancé un intervenant… A.V.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici