« Le cercle infernal », « Poltergeist », « Amityville 2″… 5 films de (vraies) maisons hantées à voir avec « Présence »

Pour accompagner le très original Presence, on a farfouillé dans les cryptes du chaos à la recherche de quelques titres cultes de (vraies) maisons hantées qui avaient changé la donne d’une manière ou d’une autre à leur époque. Et devinez quoi? Il n’y en a pas beaucoup!

Le cercle infernal (Richard Loncraine, 1978)
Presque dix ans après Rosemary’s Baby, Mia Farrow redevient une petite chose blafarde dont la progéniture, ou plutôt son absence, sera à nouveau tout l’enjeu d’un film terrible. Il suffit de jeter un œil aux ghost story qui ont déferlé depuis les années 2000 pour se rendre compte à quel point la figure du parent endeuillé comme réceptacle à ectoplasmes deviendra un cliché répété ad nauseam. Mais rien qui atteindra la mélancolie et la cruauté (les origines du fantôme, presque digne d’un film bis italien déviant !) de cette atroce fable dont l’image ouatée semble vouloir masquer à tout prix la profonde et dégoulinante tristesse du récit. Aujourd’hui, on peut en voir les failles (le récit en ligne droite, l’absence d’ambiguïté quant au surnaturel), mais rien qui n’abîme la beauté de chrysanthème de son final inoubliable.

Amityville 2 le possédé (Damiano Damiani, 1982)
Curieuse rencontre entre en auteur italien dit «sérieux» et une saga mercantile qui n’avait pas encore connu la débauche qu’on lui connaît. Face au palot premier opus, cette préquelle retraçant le massacre de la famille initiale joue la carte du climat poisseux et scabreux à fond les ballons. On lui en pardonnerait sa scène d’exorcisme décorative empruntée à William Friedkin, bien que pour une fois portée sur un sujet masculin: il n’en reste pas moins le meilleur film de la saga entière.

Poltergeist (Tobe Hooper, 1982)
Il faut remettre l’inusable Poltergeist dans son contexte: la maison hantée n’était plus alors un manoir biscornu, une tour gothique ou un cloaque de l’enfer. Juste un pavillon de banlieue que rien ne distingue de la mêlée. Avec sa paternité toujours discutée, Poltergeist tire le meilleur du réalisateur de Massacre à la tronçonneuse (son sens de l’atmosphère, de l’hystérie, des ruptures de tons et du macabre) et de Spielberg (les personnages superbement dessinés, la mise en scène sans faille, le sens du merveilleux), producteur plus que présent. L’humour n’annihile jamais l’effroi malgré le catalogue d’effets spéciaux délirants, la tendre moquette cache toutes les peurs de l’enfance (l’orage, le placard, le creux du lit, les clowns…) et tout finit par converger dans un final dont la folie furieuse n’a jamais été surpassée à ce jour, et surtout pas par les suites aussi mignonnes que stupides.

Les autres (Alejandro Amenabar, 2001)
Pour son pont d’or pour les States, Amenabar joue la carte du mélo surnaturel enveloppé tout entier de clair-obscur, vague hommage au Tour d’écrou (une femme, deux enfants, un manoir) qui s’en détourne pour aller ailleurs. Comme Sixième Sens auquel il fut inévitablement comparé, The Others ne se regarde jamais de la même manière, et l’effroi gothique goûté de prime abord laisse place à un bouleversant drame à rebours, doublé d’un très bel inversement de point de vue.

Abandonnée (Nacho Cerda, 2007)
Révélé dans les années 90 avec son traumatisant tour de piste nécrophile qu’était Aftermath, Cerda a mis du temps pour mettre du pied à l’étrier d’un long… avant de disparaître à nouveau dans le néant! Pensant trouver un regain de vérité dans une bicoque paumée dans la campagne russe, une jeune femme y trouvera des fantômes… et pas n’importe lesquels! Son concept étrange et déstabilisant teinté d’une atmosphère toute fulcienne mérite bien qu’on y revienne…

Les articles les plus lus

« La gifle » de Frédéric Hambalek : trop théorique, pas assez organique

Passé par la Berlinale 2025 mais resté relativement discret,...

[LA FOIRE AUX TENEBRES] Jack Clayton, 1983

Au début des années 80, les studios Disney se...

[CASTLE FREAK] Stuart Gordon, 1995

Si l'on devait donner un exemple de générosité maximale...

« Scream 7 » de Kevin Williamson : de l’épouvante épouvantable

Si on comprend mieux, après l'avoir vu en salles,...

« Saturnalia » : un film d’horreur indépendant qui rend hommage à Dario Argento

Le film d’horreur indépendant Saturnalia se dévoile dans une...

Après « Brides », Chloe Okuno planche sur le thriller horrifique « Bad Hand »

La réalisatrice Chloe Okuno (Watcher) s’associe à la scénariste...

[LAKE MUNGO] Joel Anderson, 2008

Pour donner naissance à un film culte, rien ne...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!