La théorie du « Drunk » de Thomas Vinterberg est-elle vraie?

Au lendemain de la consécration aux Oscars du Drunk de Thomas Vinterberg, le psychiatre ayant inspiré cette ode alcoolisée à la vie a (de nouveau) démenti lundi la « théorie » qui lui est prêtée: non, l’homme n’est pas né avec un déficit d’alcool dans le sang.

Sacré meilleur film étranger à Hollywood, Drunk de Thomas Vinterberg retrace le cheminement de quatre professeurs de lycée qui explorent les effets de l’ébriété. A l’origine de leur périple, une soi-disant théorie prêtée au philosophe et psychiatre norvégien Finn Skårderud qui aurait avancé que l’homme naît avec un déficit de 0,5g d’alcool dans le sang. Et si l’on en croit ladite théorie, le taux d’alcoolémie idéal serait de 0,5g et il serait possible de le modeler en fonction de son âge, de son sexe et de sa corpulence, incitant donc chacun à trouver son taux le plus adapté afin de mener une vie au maximum de ses capacités. Cet art de vivre est supposé faire des hommes des êtres doués d’une cognition entière, de l’oreille absolue et d’une forme physique exemplaire. L’alcool ne doit pas être vu comme récréatif mais comme un composant de la vie, consommé de 8h à 20h, du lundi au vendredi. Les week-ends servant à boire de l’eau. Fin du suspens: c’est (hélas, pour nos amis soiffards), une « fake news » née d’une « lecture sélective » de la préface qu’il a rédigée pour la traduction norvégienne de l’ouvrage Les Effets psychologiques du vin de l’Italien Edmondo de Amicis.
« Sur la première page, j’ai écrit qu’après un ou deux verres, oui, tout va plutôt bien, on croit peut-être qu’on est né avec un déficit de 0,5g », a expliqué Finn Skårderud au micro de la radio norvégienne NRK (cliquez dessus pour l’écouter). Mais « dans le paragraphe suivant, je démens la thèse dans son intégralité », a-t-il ajouté. La reprise partielle et trompeuse de ses propos dans le long métrage l’a ainsi d’abord plongé dans l’embarras. « Cela a d’abord été un peu inconfortable parce que je suis tout de même médecin, psychiatre, je traite des gens souffrant d’addictions, je rencontre leurs familles », a-t-il confié à NRK. Mais cette mini-notoriété lui a aussi valu d’être contacté par Thomas Vinterberg et de devenir « une sorte de consultant » sur le tournage de Drunk. « On peut discuter des effets de l’alcool. L’alcool est dans une large mesure un lubrifiant social », souligne Finn Skårderud. « Le dilemme consiste à trouver le bon équilibre, à ne pas abuser ». Garçon! une autre!

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