La séance de rattrapage: « Tokyo Trash Baby » (Ryūichi Hiroki, 2000)

La séance de rattrapage est une rubrique où nous mettons en lumière des inédits chaos en France, qui sont passés sous le radar ces dernières années et qui méritent un visionnage même tardif (mieux vaut Béla Tarr que jamais). Rien que pour le plaisir de la découverte et des yeux.

Et si le stalking passait par les poubelles? Miyuki, jeune femme d’apparence lambda, travaille dans un café d’habitués de Tokyo et habite dans un immeuble banal. Cependant, son appartement ressemble à une déchetterie, car elle vole les poubelles de son voisin – de qui elle est totalement obsédée – et les inspecte religieusement afin d’en apprendre plus sur lui. En se concentrant sur un personnage féminin haut en couleur, Ryūichi Hiroki, réalisateur de Vibrator (2003), dresse le portrait d’une société complexe où apprivoiser l’autre est d’une grande difficulté et il semble plus facile de rester à distance et s’adonner à de la limerence, cet état de fantasme obsessionnel pour une personne. La fin des années 90 et le début des années 2000 marquent une période de transition autant dans l’appréhension des technologies que des évolutions en termes de relations humaines. Plus qu’une histoire d’idée fixe, Tokyo Trash Baby nous transporte dans une ambiance réconfortante par les décors, notamment le café, la ville de nuit, le distributeur de boissons… typiques d’une esthétique Tumblr du Tokyo y2k. La nostalgie domine et va de pair avec les états d’âme de Miyuki, qui passe de l’euphorie à la déception tout au long du film.

Tokyo Trash Baby
Japon, 2001
De Ryuichi Hiroki
Avec : Mami Nakamura, Kou Shibasaki, Kazuma Suzuki
Durée : 1h28

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