Après le scénario de L’Exorciste et l’expérience douloureuse de la collaboration avec William Friedkin (une collaboration marquée par de nombreux désaccords artistiques), le passionnant William Peter Blatty passait derrière la caméra et poursuivait son exploration de la foi, de la folie et du surnaturel avec La Neuvième Configuration, son premier film en tant que réalisateur. Le film s’installe dans un ancien château transformé en hôpital psychiatrique militaire. Le colonel Kane y est envoyé pour observer plusieurs officiers de haut rang dont les comportements pour le moins extravagants interrogent : sont-ils réellement atteints de troubles psychiques ou simulent-ils leur folie pour échapper à leurs responsabilités ? Au fil de son séjour, Kane va toutefois découvrir que derrière leurs provocations et leurs délires se cachent des traumatismes collectifs autrement plus profonds. Avec ce point de départ, Blatty refuse de choisir entre les genres. Drame psychiatrique, comédie noire, thriller, fantastique et réflexion métaphysique se croisent dans un film volontairement déroutant, qui préfigure de façon très indirecte, toutes proportions gardées, L’Échelle de Jacob d’Adrian Lyne et Shutter Island de Martin Scorsese.
Ce long métrage réalisé en 1980 souffre, hélas pour lui, de vraies baisses de régime et il peine à convaincre sur toute la durée (on a rapidement compris où ça nous mène) et ce, en dépit d’un réjouissant casting de seconds couteaux parmi lesquels l’excellent Joe Spinell. Mais, et sans être impérissable, il fait malgré tout office de sympathique curiosité illuminée, qui a longtemps été difficile à voir dans de bonnes conditions en France (on se souvient d’une sortie en DVD courant 2005 et puis basta). Il fait là l’objet d’une première édition Blu-ray française, présentée dans sa director’s cut et restaurée en 2K et c’est de toute évidence redevable au travail de fans archi-convaincus dudit film (intersections, structure d’édition indépendante lancée en 2022). Plus que nous, en tout cas…
Le film est ici visible dans sa Director’s Cut de 118 minutes, à partir d’une restauration 2K, au format 2,39:1 et en anglais DTS-HD Master Audio 2.0 avec sous-titres français. Un programme de suppléments conséquent accompagnera le disque : entretien avec Fleur Hopkins-Loféron, interviews de Blatty, Stacy Keach et Stephen Powers, retour sur les décors et accessoires avec William Malley et J. Dennis Washington, entretien avec le compositeur Barry De Vorzon, commentaire audio de Blatty, scènes coupées et bande-annonce. Un livret de 32 pages complète cette édition.


