Nous sommes en 1967, pendant le Mardi gras. Françoise, 17 ans, jouée par Léonie Dahan-Lamort (qu’on a vue chez Sébastien Betbeder notamment) est pensionnaire d’un lycée catholique pour filles qu’on croirait sorti de chez Clouzot et qu’on imagine sans mal dans la Loire. Persuadée qu’il ne lui reste qu’une seule nuit avant sa mort, elle fait le mur avec son amie Delphine (Lilith Grasmug) pour se rendre à une fête costumée et pouvoir vivre cette soirée comme la dernière. Ne les délivrez surtout pas du mal! Premier constat qui joue plutôt en faveur du film: malgré des premières secondes épileptiques, La Morsure (que nous avons découvert à Locarno l’été dernier) ne s’amène pas ici avec la confortable étiquette du film d’horreur récitant sagement son Argento ou son Romero époque Martin, le film ayant la belle idée de partir du récit d’adolescence pour sonder la nuit et aller à la rencontre de quelques motifs horrifiques disséminés ici et là autour de quelques lieux savamment ramassés. Le film aurait pu aligner les standards de l’année 1967 (Mireille Mathieu et Sheila, on vous voit) mais préfère plutôt bifurquer vers des morceaux méconnus de garage rock, freakbeat et northern soul (méconnus sauf par Serge Bozon, bien sûr), La Morsure ayant toujours un pied dans un univers familier et un autre dans un monde méconnu ouvert à la surprise… Il sort en salles le 15 mai et on le soutient fort.
