« La fille qui explose », « The Brutalist », « Black Hammer »… La sélection du vendredi

Du cinéma, du Blu-ray, du jeu vidéo, du 2.0… c’est la sélection chaos du vendredi par la rédaction. Si on devait vous proposer de découvrir notre dernier coup de foudre, ce serait celui-ci…

MORGAN BIZET : 7 promenades avec Mark Brown de Pierre Creton et Vincent Barré (cinéma)
Dans la lignée d’Un Prince, Pierre Creton, accompagné de Vincent Barré, réalise une œuvre douce et enchanteresse. Un film-herbier doublé du making of de ce même film, à mi-chemin entre les films récents de Hong Sangsoo (le making of) et le cinéma de Jonas Mekas (l’herbier). Un petit havre de paix, où cohabitent faune microscopique, flore vieille de centaines de millions d’années et amitié, dans un enrobage poétique et presque sensuel.

GÉRARD DELORME : The Brutalist de Brady Corbet (cinéma)
Il n’y a pas une minute de trop dans cette saga de 3h34 qui revisite le mythe du rêve américain à travers le parcours d’un architecte immigré. Au bout de sept ans d’efforts, Brady Corbet a réalisé en toute indépendance le film qu’il voulait faire. C’est suffisamment rare pour s’y précipiter.

JÉRÉMIE MARCHETTI : La fille qui explose de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (VOD)
Dans un monde bizarroïde et virtuel façon Ready Player One, un joli ersatz de Barbie, Candice, explose en mille morceaux quotidiennement. Et elle ne peut arrêter ce phénomène qui déforme ses traits, tache les murs et rallonge sa mélancolie. Poggi & Vinel s’improvisent, une fois n’est pas coutume, en king & queen du spleen et offrent une très belle prolongation à leur Eat the night : pour la 3D empruntée au monde du jeu vidéo bien sûr, mais aussi dans l’évocation de l’angoisse souterraine d’un monde en train de perdre ses forces et de s’éteindre : le nôtre.

THIBAULT RIVERA : Black Hammer de Jeff Lemire et Dean Ormston (BD)
« This is how stories end ». Voilà comment Jeff Lemire encapsule l’essence de sa série devenue culte, mais dont la conception remonte à avant le succès de Sweet Tooth. Prenant pour sujet une bande de super-héros isolés du monde par un mystérieux accident multiversiel, la série s’attache à faire de leur retraite forcée une réflexion sur le sens de leur aspiration de justiciers. Composé de personnages dépressifs, ce comics a de fait bien un petit goût crépusculaire, mais n’oublie pas dans sa volonté d’enterrer le genre de le renouveler au passage. Un vrai tour de force, qui se retrouve également dans le dessin de Dean Ormston, aussi torturé et contrasté que les héros auxquels il donne vie.

GAUTIER ROOS : Saravah de Pierre Barouh (DVD)
Une splendeur de documentaire filmée à l’hiver 1969, dont on avait hélas omis de vous parler lors de sa reprise salle l’an passé : « un grand petit film », pour citer Thierry Jousse dans Les Inrocks, où le compositeur chabadabadabesque Pierre Barouh part à la rencontre de légendes de la musique brésilienne à Rio (Baden Powell, Pixinguinha, Maria Bethânia, Paulinho da Viola, João da Baiana). La meilleure cure de vitamines qui puisse exister en ces temps hivernaux.
Bonus track : la ressortie d’Il était une fois dans l’Ouest à la Filmothèque du Quartier Latin (on ne va pas vous faire un dessin sur pourquoi c’est le plus grand film du monde)…

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