La cérémonie d’ouverture des JO de Paris a ressemblé à une succession de tableaux animés, renvoyant à différents pans de culture française, tombant à pic dans une France récemment contrariée par la perspective d’une extrême droite aux portes du pouvoir. Une rapide revue de presse en atteste: « Cérémonie la plus audacieuse, de mémoire d’homme » (El Pais), « mémorable » (CNN), « brillant (…) et émouvant » (BBC), un spectacle « pour l’éternité » (Frankfurter Allegmeine Zeitung), « quel uppercut aux déclinistes » (Le Soir)… Les superlatifs ont plu dans la presse internationale et française, à propos de ce spectacle orchestré par une Maud Le Pladec et un Thomas Jolly wanna be Julie Taymor.
On va éviter de s’épancher sur ce que nous en avons pensé (tout le monde donne son point de vue depuis vendredi soir, donc à quoi bon?) et, ainsi, partager le torrent d’impressions subjectives qu’il a provoqué (avec des réserves, sinon ce ne serait pas drôle – on en parle de cette réal avec des moufles et sans chiffon?) et des évidences de pur spectacle qui nous rassemblent au-delà de nos différences (la fusion Marie-Antoinette avec la chanteuse lyrique Marina Viotti et le groupe de metal Gojira, l’allumage par Teddy Riner et Marie-José Pérec de la vasque montée ensuite en montgolfière dans le ciel de Paris, le climax Céline Dion, l’instant Eurodance, les extra tableaux « Unie dans la diversité » et « Obscurité » électrisés par la compagnie de danse Mazelfreten…). Mais si on devait retenir un seul instant chaos de cette cérémonie (et, ce, même s’ils ont été nombreux), ce serait ce cheval mécanique argenté lancé au galop qui a parcouru la Seine sur six kilomètres d’est en ouest, jusqu’à la tour Eiffel, pour propager le proverbial esprit olympique. Pendant sa chevauchée d’une dizaine de minutes, des ailes de colombes se déployaient sur différents ponts. Bon nombre d’hypothèses ont été émises sur son identité (cheval de l’apocalypse annonçant la fin de l’ancien monde?) sur les réseaux sociaux en ébullition.
Mais selon le directeur artistique, il s’agit de l’incarnation de Sequana, déesse gallo-romaine qui a donné son nom à la Seine et qui est un symbole de résistance. Au terme de cette chevauchée, une cavalière, vêtue d’une cape frappée des anneaux olympiques, a rejoint le Trocadéro, en face de la tour Eiffel, suivie des drapeaux des Comités nationaux olympiques participants, pour apporter le drapeau olympique. Cet éblouissant cheval mécanique, surgissant lors du dixième tableau de la cérémonie baptisé «Solidarité» et flottant d’une hauteur de 1,80 m au garrot, entièrement métallique, a été conçu par l’atelier Blam, basé à Nantes, et sa construction a nécessité un an de travail. On est ravis de l’apprendre au détour d’une dépêche, on a été ravis de le découvrir. Un éblouissement dans la nuit. Une part de rêve dans ce monde sous pression…
Elle va rester, cette image. ????#ceremoniedouverture #paris2024 pic.twitter.com/anlD3TayFB
— France tv (@FranceTV) July 26, 2024
PS. Serait-il possible d’avoir une version de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 débarrassée de voix-off crispante, mettant en valeur l’orchestration musicale et avec une réalisation plus inspirée?



