On se lamente souvent de l’absence de sorties dans les salles françaises de nos auteurs chouchous pour ne pas se réjouir quand c’est le cas. En l’occurrence, on verra le prochain long métrage de Shinya Tsukamoto au cinéma. Soit L’ombre du feu qui se déroule au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un Japon qui tente péniblement de se relever et de panser ses blessures. Unique survivante de sa famille, une jeune femme passe son temps enfermée dans le bar délabré qui lui sert de refuge, attendant le client. Un jour, elle voit débarquer un petit orphelin chapardeur et un jeune soldat démobilisé. Entre ce trio atypique, un semblant de vie de famille commence à s’installer. Hélas, les traumatismes de la guerre auront tôt fait d’anéantir ce bonheur fugace… «L’Ombre du feu partage les thèmes explorés dans mes deux derniers films: Fires on the Plain et Killing», explique le cinéaste. A savoir: «Comment la guerre affecte les gens. L’horreur abjecte d’ôter la vie»: «J’ai poursuivi ces thèmes dans Killing, qui traite des samouraïs à la fin de leur règne. Fires on the Plain raconte l’histoire de soldats japonais sur la ligne de front aux Philippines pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans mon dernier film, je revisite ces thèmes à travers le chaos du marché noir de l’immédiat après-guerre», poursuit-il. «Il s’agit d’un feu et des ombres en perpétuel mouvement qu’il projette sur son environnement. J’ai porté toute mon attention sur les personnes qui habitaient dans ces ombres. Le titre provisoire du film était The Post-War Project. Alors que le monde s’éloigne de la paix, je me suis senti obligé de faire ce film, comme une prière.»
