Jonas Mekas (1922-2019)

Jonas Mekas est mort mercredi à l’âge de 96 ans à New York. Figure du cinéma d’avant-garde. Maître de l’underground à qui l’on doit tout, y compris le Chaos. Mais bien loin de ces titres imposants, il faisait un cinéma intime, minimal, beau, infiniment plus accessible qu’il n’y paraît. La vie sera juste plus triste sans son regard.

Né en 1922 dans un village du nord-est de la Lituanie, Jonas Mekas est passé par un camp de travail en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, avant d’émigrer aux États-Unis et de s’établir à Brooklyn en 1949. Passionné de cinéma, il aborde la matière sous plusieurs angles, comme cinéaste, mais aussi comme journaliste, conservateur, historien et porte-voix d’un cinéma alternatif et expérimental. Il a réalisé plus de 70 films, essentiellement sous forme de documentaire, avec le désir de capter des moments de vie, souvent passés au filtre d’un montage radical, saccadé, avec des effets et de la superposition. «Je filme ce qui se produit et je ne sais jamais ce qui va se passer. Je ne vis pas en suivant des plans», disait-il. The Brig (1964), dans lequel il filme une pièce de théâtre qui se déroule dans une prison militaire, restera comme son œuvre la plus connue. Très actif dans la communauté du cinéma, critique pour l’hebdomadaire new-yorkais de référence Village Voice, Jonas Mekas a créé la Film-Makers’ Cinematheque, lieu de projection de films d’avant-garde, devenu, en 1970, l’Anthology Film Archives. Ce centre, situé dans le quartier branché de l’East Village à Manhattan, a constitué, au fil des années, l’un des plus importants fonds du cinéma alternatif, avec plusieurs milliers de films et de documents. Pour ceux qui souhaiteraient découvrir son cinéma (mieux vaut Béla Tarr que jamais), foncez sur Walden.

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