[JEUNE ET CHAOS] ROMAIN DAUDET-JAHAN

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Le Chaos rencontre celles et ceux qui feront le cinéma de demain. Découvrez Romain Daudet-Jahan.

Toqué de cinéma et d’astronomie, Romain Daudet-Jahan a fusionné ses deux passions en œuvrant dans la science-fiction. On lui doit les courts métrages Les Champs Magnétiques et Colonie (disponible ici); et on trépigne à l’idée de découvrir ses futurs longs. Pour tout savoir, direction son site.

[D’OÙ VENEZ-VOUS, ROMAIN?] «J’ai passé mon enfance à Mayotte et mon adolescence aux Émirats Arabes Unis où mes parents étaient enseignants. J’y étais entouré par la nature et je me suis pris de passion pour le ciel étoilé, très visible au-dessus du désert. J’ai découvert le cinéma sur des VHS en grande partie censurées, qui m’ont rendu curieux de ce qui se cachait derrière les scènes coupées. Revenu en France au moment du lycée, j’ai fait des études de cinéma et j’ai appris sur les plateaux, comme assistant réalisateur d’abord, puis comme réalisateur en faisant des clips, un documentaire et deux courts-métrages. Aujourd’hui, j’écris mon premier long-métrage avec un tournage potentiel en fin d’année et deux autres projets. Tous sont des films de genre.»

[POURQUOI FILMEZ-VOUS?] «Je suis marqué par l’histoire d’un proche qui a cherché très jeune à quitter la famille et la société pour trouver dans la marginalité sociale un confort où vivre et s’accepter. J’ai été à la fois inquiet, touché, impressionné par ce besoin de s’abstraire de la norme, de plonger dans l’inconnu, dans une fuite en avant sans but à la recherche d’un sens à sa vie. J’ai voulu très tôt questionner ce désir, par le biais de mon genre préféré: la science-fiction. Plus particulièrement certains de ses sous-genres: la rencontre extraterrestre, le space opera, l’invasion, la distorsion de la réalité, le voyage temporel. Je cherche dans mes films à retranscrire le vertige cosmique que je ressens dans la littérature de science-fiction, notamment française (de Maurice Renard à Stefan Wul en passant par les contemporains Romain Lucazeau et Stéphane Beauverger) et qui questionne notre place dans le cosmos, entre infiniment grand et infiniment petit. La dystopie ne m’intéresse pas beaucoup, je préfère des intrigues contemporaines où la réalité est perturbée par l’arrivée d’un élément inattendu, improbable et étrange (comme dans Rencontres du 3e type). Je m’attache à rester proche de la réalité et à nourrir mes écrits d’inspirations scientifiques, poussant les lois physiques au maximum, à la frontière avec le fantastique et parfois l’horrifique.»

[CULTES] «Si je ne devais en garder qu’un, ce serait Libera Me d’Alain Cavalier, qui fut un choc esthétique lorsque je l’ai découvert à 17 ans. C’est un film sur la dictature, le totalitarisme et la résistance, entièrement sans dialogues, donc compréhensible par le monde entier. C’est un ovni, un film pur, frontal, une véritable expérience. J’aime le Spielberg des années 80: Rencontres du 3e type et E.T. l’extraterrestre, qui réussissent à inscrire dans une réalité contemporaine l’arrivée d’un élément perturbateur fascinant et spectaculaire qui redistribue les cartes des rapports familiaux et du rapport à l’amour, au deuil, à l’espoir. Ce sont des films dont la mise en scène et son inventivité me fascinent et m’inspirent. Super 8 de JJ Abrams est un film auquel je reviens souvent pour sa fluidité, sa simplicité apparente qui cache une écriture très aboutie. Pour moi, c’est le top du film de divertissement de qualité. Contact de Robert Zemekis me passionne, car il mêle vertige cosmique et questionnement religieux, donc science et croyance. Je trouve très inspirant de faire se rencontrer le réel (les lois physiques, les mystères de l’univers), avec quelque chose de très humain (le besoin de croire, de trouver un sens à la vie). Le cinéma de science-fiction a trouvé récemment un nouveau souffle avec des œuvres très modernes qui m’ont marquées, comme Arrival, ou Interstellar, qui proposent des angles de vue originaux et qui ouvrent selon moi un boulevard pour les réalisateurs qui veulent faire une SF plus adulte. Comme j’aime la réalité distordue, The Thing de John Carpenter est un film que je trouve génial pour sa dimension paranoïaque et son économie dramatique : un décor, un moment, un nombre de personnages limités. Je suis Nantais, j’aime Jacques Demy. Les Demoiselles de Rochefort me fait toujours un effet aussi fort que quand je l’ai vu enfant, grâce à sa générosité, sa virtuosité, son ambition. Il y en a beaucoup d’autres, parfois très différents les uns des autres, mais qui tous nous embarquent dans une aventure, épique ou intime avec un désir généreux de nous émerveiller (ou nous choquer): After Hoursl’Homme qui voulut être roi, les Indiana Jones, L’Ours de Jean-Jacques Annaud, AlienEnter the Void, et, pour finir, Mary Poppins

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