[JEUNE ET CHAOS] GEORDY COUTURIAU

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Le Chaos rencontre celles et ceux qui feront le cinéma de demain. Découvrez Geordy Couturiau.

On doit à ce jeune réalisateur deux courts métrages très inspirés: Lucienne mange une auto (2018) et Lucienne dans un monde sans solitude (2021). Double ration de Lulu pour développer un cinéma aussi personnel que singulier.

[D’OÙ VENEZ-VOUS, GEORDY?]
Un petit village au centre de la Belgique, avec plus de vaches que d’habitants.

[POURQUOI FILMEZ-VOUS?]
J’ai eu mes premières envies de cinéma vers 8 ans, j’ai donc demandé à ma mère pour jouer dans des films, afin de voir et apprendre au plus vite. C’était mon école. Aujourd’hui, je suis profondément bouleversé par les histoires d’amour qui ont traversé ma vie, cette façon dont les sentiments déchirent les gens me fascine. J’écris sur ça, j’aime parler de choses très intimes dans des univers en marge. Dans mon premier film, Lucienne mange une auto (2018), l’héroïne mange la voiture de son père parce qu’il l’a toujours préféré à sa fille. J’ai besoin d’utiliser mes peines, de me dire qu’elles peuvent servir à créer quelque chose de beau, de plus grand et de cinématographique. Il n’y a pas plus Chaos que l’amour. Et puis il y a ma rencontre avec l’actrice Stéphane Caillard qui a changé ma vie, elle me donne envie d’écrire, de créer des histoires. Je lui dois beaucoup.

[QUELS SONT VOS FILMS CULTES?] 
Mon plus grand film culte, c’est Window Water Baby Moving de Stan Brakhage, mon réalisateur de chevet, l’artiste pour lequel j’ai le plus d’admiration. Au bout d’un moment, il n’avait plus besoin de caméra pour faire ses films, il y a une liberté que je fantasme chez lui. Une fois, il a voulu se pendre et filmer son suicide pour clôturer son film Anticipation of the night. Finalement, il a rencontré la femme de sa vie et a fait semblant. J’aime ceux qui sont prêts à tout sacrifier pour le cinéma, comme Tom Cruise qui croit aux extraterrestres et se jette dans le vide avec sa moto. Ensuite, comme beaucoup de jeunes chaos, Possession est mon film culte, ça se passe d’explications, c’est du grandiose, de l’inouï. Un film mutant, malade, fou, rempli de passion… je le regarde régulièrement. Andrzej Zulawski, c’est terrifiant. Et ceux qui restent, depuis toujours, c’est La pianiste de Michael Haneke, Portrait d’une enfant déchue de Jerry Schatzberg et Une Femme sous influence de John Cassavetes. Puis La mouche de David Cronenberg, c’est une histoire d’amour magnifique. Je dois aussi beaucoup de mes grands films au Chaos (la rubrique Chaos Memories) que je consulte depuis bien des années. Vous m’avez fait découvrir des grandes œuvres, parfois un peu oubliées. Je ne ferai pas les mêmes films sans vous. Vous êtes un peu coupables.

1 COMMENTAIRE

  1. Superbe démarche de parler des films dont on parle moins ailleurs, voire pas du tout. C’est souvent dans cette rareté qu’on trouve de vraies œuvres d’art. Très chouette aussi l’article sur geordy Couturiau à l’univers si singulier.

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