[JEUNE ET CHAOS] ENGUERRAND JOUVIN

Le Chaos rencontre celles et ceux qui feront le cinéma de demain. Découvrez Enguerrand Jouvin.

Enguerrand Jouvin est un jeune réalisateur qui vient de signer une série-monstre inclassable, Pony Girls (dont nous vous parlons ici et que nous avons vu). Sept épisodes hantés par l’ange du bizarre qui sont autant de portraits de jeunes femmes en quête d’intensité, peuplés de fous délirants, hachés de moments à hurler de rire et parcourus par une musique atmosphérique (Boards of Canada ouvertement cité). Un univers incorrect, sans tabou, érudit, provocant, jouant sur les sensations tripales et les durées déraisonnables. Afida Turner, Beatrice Dalle et Arielle Dombasle figurent au casting, de jeunes inconnus qui donnent tout et qui gagnent à ne pas le rester. Pas de doute, cet auteur a une vision.  

[D’OÙ VENEZ-VOUS, ENGUERRAND ?] « Je viens d’une terre humide et froide, un petit village au nord de la France. C’est mon père qui m’a initié à la cinéphilie, et ma mère qui m’a soutenue dans ce choix de faire des films. Je vivais dans une vieille petite maison de campagne. Mon père n’avait pas d’argent, on ne sortait pas beaucoup, mais on voyageait grâce aux films. Mon père était un amateur de DVD. Il aimait Tati et les grands auteurs populaires : Ridley Scott, Cameron, Shyamalan… C’est le cinéma qui me permettait l’évasion et qui m’ouvrait un imaginaire réconfortant dans tout ce que cette enfance pouvait avoir de pénible. »

[POURQUOI FILMEZ-VOUS ?] « Tout simplement parce que cela est vital, que je ne sais rien faire d’autre et que je n’ai pas le choix : je dois libérer mon cerveau d’une vision qui m’obsède et qui me brûle. En parler ne suffit pas : personne ne peut la saisir correctement, il faut plus que des mots. Le cinéma s’est révélé être le langage évident. Grâce à lui, j’arrive à faire des traductions correctes de ce que j’ai dans la tête ; il justifie mon existence. »

[CULTES] « Je dirais, premièrement, le travail cinématographique de Laurent Boutonnat et de Mylène Farmer. Si je devais choisir un seul clip, je dirais… Sans Logique. Ensuite, concernant les longs-métrages, c’est assez classique. J’irais vers mes premiers chocs vécus seul, à partir du collège. Ces films étaient malheureusement impartageables avec mon entourage, qui n’y était pas sensible. Cette exploration solitaire a donc commencé par là :
Dancer in the Dark de Lars von Trier
Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick
Spring Breakers de Harmony Korine »

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