Jesse Eisenberg, Simon Rieth, Yann Gonzalez, Clément Cogitore… Tous à la Semaine pour Cannes 2022!

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Après 10 années marquées par le règne de l’impérial Charles Tesson, que nous réserve cette première édition de la Semaine chaperonnée par notre chère Ava Cahen? Pas mal de belles choses, qui laissent augurer de nombreux problèmes d’emploi du temps dans notre agenda déjà bien rempli par les douceurs de la Quinzaine!

Commençons par la séance spéciale pour une fois, où le Chaos se devra d’accrocher un strapontin, un programme de trois films «nous invitant à libérer les formes et les monstres», dixit Ava. D’abord avec Scale de Joseph Pierce, film animé en forme de «plongée viscérale dans les abîmes de Will, qui tente de remonter le fil halluciné de sa déchéance». Emmanuel Gras (Bovines, Makala) viendra présenter Amo, film dans lequel il transforme le corps en «une planète sensorielle, un monde de plis, de courbes, aux confins mutants du charnel et de l’abstraction». Revenant à ses premières amours, notre Yann Gonzalez regagnera cet Espace Miramar refait à neuf pour y montrer son Hideous, un film «musical, queer et politique» où le chanteur des XX «dompte ses démons en chansons». Les références à la TV et aux films d’horreur dégoulinants des années 80 ne seront évidemment pas loin (et nous non plus d’ailleurs).

L’ouverture sera confiée au tout premier long-métrage de Jesse Eisenberg, When you finish saving the world, déjà passé par la plage Nespresso en 2019 avec Vivarium (on aurait pu y penser dans notre liste de pronostics cannois…). Julianne Moore viendra accompagner cette comédie dramatique qui s’annonce appétissante et qui raconte la relation tumultueuse entre une mère politiquement engagée et son fils, sorte de Niels Schneider brun (Finn Wolfhard, que vous avez vu dans Stranger Things et dans Ça!), un musicien en quête de notoriété sur les réseaux sociaux… Comédie dramatique toujours avec Aftersun de la Britannique Charlotte Wells, présenté lui dans le cadre de la Compétition, qui s’intéresse lui à un père et sa fille en vacances estivales, arpentant notamment un club «où l’on danse la Macarena» (nous voilà passablement intrigués)…

Côté compét’ également, le chaos est impatient de découvrir Nos Cérémonies de Simon Rieth, un jeune réalisateur passé sur le grill de notre Photomaton et que notre rédac’ suit depuis un petit moment. Dans ce drame fantastique qui sera mis sur orbite par The Jokers et Wild Bunch, l’histoire se situe à Royan, en 2011. Alors que l’été étire ses jours brûlants, deux jeunes frères, Tony et Noé, jouent au jeu de la mort et du hasard… Jusqu’à l’accident qui changera leur vie à jamais. Dix ans plus tard et désormais jeunes adultes, ils retournent à Royan et recroisent la route de Cassandre, leur amour d’enfance. Mais les frères cachent depuis tout ce temps un secret… Nous vous en dirons des nouvelles. Dalva d’Emmanuelle Nicot est un premier long belge autour d’une jeune fille de 12 ans qui s’habille, se maquille et se vit comme une femme, et qui se voit brusquement retirée du domicile paternel pour être placée en foyer (Diaphana à la distribution, Zelda Samson et le très bon Alexis Manenti au casting). Un «récit de désapprentissage bouleversant» qui pourrait bien nous plaire.

On poursuit ce tour d’horizon des autres films en compétition: Alma Viva de Cristèle Alves Meira s’accroche lui aussi au regard de sa jeune héroïne et nous immerge au sein d’un village portugais fait d’intrigues et de légendes (il y sera question de sorcières). Dans le film iranien Tasavor, le cinéaste Ali Behrad s’imagine dans les chaussons de Jafar Panahi: il a en effet choisi pour décor un taxi à Téhéran la nuit, pour un «road movie amoureux, pop et moderne, plein de mystères et de fantaisie», featuring Leila Hatami, actrice découverte dans Une Séparation. La Jauría d’Andrés Ramírez Pulido nous entraîne dans la jungle colombienne, plus précisément dans un centre où l’on redresse les mauvais garçons, pour un huis-clos viscéral et ténébreux autour d’une jeunesse en manque de repères (il faut imaginer un truc façon Scum mais en pleine forêt!). Attention toute particulière sera portée à un autre premier long-métrage, Metsurin tarina (The Woodcutter Story) du finlandais Mikko Myllylahti, tragi-comédie existentielle autour d’un bûcheron et de son fils qui affrontent avec calme et sérénité une série d’événements pourtant tragiques…

Pour la clôture, la coréenne Jung July (A Girl at My Door) viendra nous présenter Da-eum-so-hee (Next Sohee), polar féministe prenant place dans un atroce call center et qui dénonce l’exploitation de la jeunesse par des entreprises rapaces qui transforme nos travailleurs précaires en zombie. Pour finir, deux films français en Séances Spéciales qu’on ne manquera sous aucun prétexte: l’attendu Goutte d’or de notre chouchou Clément Cogitore, grand film noir mystique, avec Karim Leklou en médium-escroc régnant sur le 18ᵉ arrondissement parisien (on vous en parlait dans nos pronos). La jeune Céline Devaux avait elle remporté le César du meilleur court métrage d’animation en 2016 (Le Repas Dominical), entre autres récompenses également glanées à Clermont et à Venise: la voilà de retour avec l’intrigant Tout le monde aime Jeanne, qui alternera animation et prise de vue réelle. Une «irrésistible comédie sentimentale» autour d’une trentenaire surendettée qui multiplie les allers-retours entre Paris et Lisbonne, dans laquelle vous croiserez Blanche Gardin, Laurent Lafitte, Maxence Tual, Marthe Keller, Sylvie Pialat à la production et Flavien Berger pour la mise en musique! Vous la voyez comme nous, la super chouette soirée que ça va donner? G.R.

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