QUOI DE PLUS CHAOS QUE FRÉDÉRIC TEMPS? Parce qu’il est le Président et délégué général de l’indispensable Étrange Festival et parce que le CHAOS lui doit beaucoup. Parce qu’il a défendu des cinéastes comme Julio Medem, Jaume Balaguero, Sono Sion, Alex de la Iglesia, Guillermo del Toro…
Quel est votre rapport au cinéma?
Frédéric Temps: On s’entend bien tous les deux.
Vous souvenez-vous du premier film que vous avez vu?
Probablement un Disney (Bambi?), mais mon premier vrai souvenir est le Aladin et la lampe merveilleuse de Jean Image en 1970.
Quels sont les films qui ont marqué votre parcours de cinéphile par leur intensité, par des séquences précises ou par la simple force des images?
Une grande partie de l’œuvre de Jean-Pierre Melville. Inégalée, encore aujourd’hui.
Un film qui a failli vous faire quitter une salle ou la fait pour de bon?
Beaucoup trop…
Est-ce que, dans votre parcours de cinéphile, il y a eu un «avant» et un «après» un film?
Pas vraiment. Si par moment le cinéma subit un coup de mou, il y a toujours derrière un cinéaste capable de m’enthousiasmer.
Le film que vous emmenez sur une île déserte ?
Pas d’électricité sur une île déserte.
En 2050, pensez-vous que l’on fera encore du cinéma ?
Aucune idée…
QUIZ CHAOS DU CINÉPHILE
Un film: L’Atalante de Jean Vigo
Une histoire d’amour: La poursuite impitoyable d’Arthur Penn
Un sourire: Richard Widmark dans Le carrefour de la mort d’Henry Hathaway
Un regard: Romy Schneider dans L’important, c’est d’aimer
Un acteur: Charles Denner
Une actrice: Jennifer Jason-Leigh
Un clown triste: Buster Keaton
Un début: Electra glide in blue de James William Guercio; Dead or alive de Takashi Miike.
Une fin: En quatrième vitesse de Robert Aldrich
Un coup de théâtre: Le limier de Joseph L. Mankiewicz
Un générique: L’île du Dr Moreau de John Frankenheimer, conçu par Kyle Cooper
Une scène clé: La confrontation finale entre James Woods et Robert de Niro dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone
Un plaisir coupable: Le concierge de Jean Girault, pour toutes les séquences avec Daniel Prévost en musicien contemporain.
Une révélation: Guy Maddin
Un gag: Le chat prenant pour litière l’urne contenant les cendres du père de Robert De Niro dans Mon beau-père et moi de Jay Roach; La reconstitution miniature de l’assassinat de Kennedy, à l’aide de pigeons vivants et de voitures téléguidées dans Salton sea de D. J Caruso.
Un fou rire: Le rabbin, dans le Celebrity de Woody Allen, demandant, lors du catering pre-talk show d’un débat tv avec des néo-nazis si «les skinheads ont déjà mangé tous les bagels?»…
Un film malade: Connais pas
Un rêve: Prince des ténèbres de John Carpenter
Une mort: Debra Paget, contrainte à un sacrifice rituel, sautant dans un volcan afin de calmer la colère des dieux dans L’oiseau de paradis de Delmer Daves
Une rencontre d’acteur: Groucho Marx & Margaret Dumont
Une scène de cul: Dita Parlo, tirant la langue en suivant des yeux le doigt ensanglanté de Michel Simon dans L’Atalante. Kazuya Kojima prenant en levrette Megumi Kagurazaka, tout en la forçant à appeler son mari avec son téléphone portable dans Guilty of romance de Sion Sono.
Une réplique: «N’oublie jamais que ton papier de la veille servira à emballer le poisson du lendemain» dit à Kirk Douglas par son rédacteur en chef dans Le gouffre aux chimères de Billy Wilder.
Un silence: Le hold-up dans Le cercle rouge de Jean-Pierre Melville
Un plan séquence: Les fils de l’homme d’Alfonso Cuaron
Un choc : Outer Space de Peter Tscherkassky
Un artiste sous-estimé: Alan Clarke
Un traumatisme: Pas vraiment un traumatisme, mais dans Les maîtres du jeu de Damian Nieman, Thandie Newton attire un client dans une chambre d’hôtel qui, en un éclair, se transforme en bloc opératoire pour trafic d’organes…
Un gâchis: Ils sont légion…
Un souvenir de cinéma qui hante: Le hurlement de Robert Mitchum dans La nuit du chasseur
Un film français: Le cercle rouge de Jean-Pierre Mellville, Que la bête meure! de Claude Chabrol
Un réalisateur: Gaspar Noe
Allez, un second: Bruno Dumont
Un fantasme: Raquel Welsh
Un baiser: Kiss d’Andy Warhol
Une bande son: Mon oncle de Jacques Tati, Planète interdite de Louis & bebe Barron
Une chanson pour le cinéma (et qui n’apparait dans aucun film): Ricky Nelson – For you
Une chanson de cinéma (et qui n’a jamais été mieux qu’au cinéma): For whom the bell tolls de Steve Barker & Carmen Dave pour le générique final de Donnie Darko
Un somnifère: Jamais nécessaire.
Un frisson: La dernière image de Freaks de Tod Browning
Un monstre: The Thing de John Carpenter. Très beau boulot de Rob Bottin
Un torrent de larmes: Il était une fois en Amérique de Sergio Leone
