Olivia Bonamy et Michael Cohen forment le couple en danger dans Ils, le premier long-métrage horrifique de David Moreau et Xavier Palud, où leurs personnages sont confrontés en pleine nuit à d’étranges intrus – pour votre plaisir lorsque vous verrez le film, nous ne révélerons en rien leur identité. Olivia et Michael ont eu peur à la lecture du scénario, pendant le tournage et en revoyant le film. Heureusement, lors de l’interview, ambiance très détendue : les deux acteurs reviennent de concert sur l’expérience en évoquant leurs pires souvenirs avec le sourire.
Quelle a été votre première réaction à la lecture du script ?
Olivia Bonamy : Qui commence ?
Michael Cohen : Les femmes, toujours.
OB : Moi, ça a été simple, j’ai commencé la lecture du scénario, il était un peu tard un soir. Je me suis arrêtée en me disant que j’allais reprendre le lendemain matin parce que déjà ça me mettait dans une ambiance particulière. Je n’avais pas envie de passer mes nuits là-dessus. Ça marchait rien qu’à l’écriture.
MC : Pareil, je l’ai lu un soir, mais j’ai été plus courageux, je l’ai lu jusqu’au bout. Et j’ai eu très peur en le lisant. Je me suis dit alors que j’avais des doutes concernant un film d’horreur. On a peu de suspicions légitimes avant de s’atteler à un tel projet.
Est-ce que vous recevez beaucoup de scénarios de ce genre ?
OB : J’avais reçu Bloody Mallory qui n’avait rien à voir parce que c’était plus proche de la comédie que du film d’horreur. C’était une parodie excentrique, proche de la série Z. Pour le coup, Ils est quand même un film plus sérieux.
MC (ironique) : Même politique.
OB : Très politique, voire engagé.
MC : Un film sur le couple, avant tout. Comment un couple peut se désagréger très vite. Comment il peut résister aux intempéries. Et puis, il faut que le couple soit solide avant que ça dégénère.
OB : Ca, c’est sûr.
MC : Pour qu’ils puissent s’engueuler un peu.
OB : C’est fâcheux, très fâcheux… (elle rit)
MC : Genre pour que le mec dise « mais tuez-la, je m’en fous » !
(gros blanc et éclat de rire général)
OB : Bon, on va se concentrer un peu parce qu’ils ont dû être sérieux, les autres-là (en désignant les réalisateurs). En réalité, pour être franche, je ne considère pas Ils comme un film d’horreur…
MC : Moi non plus. Je le vois plus comme un film de tension.
OB : Est-ce qu’on considère Shining comme un film d’horreur ? Est-ce qu’on assimile les films d’Hitchcock à de l’horreur ? Je le verrais plus comme un drame psychologique qui met dans une certaine tension. Un film qui joue sur les ambiances.
MC : Pour moi un film d’horreur, c’est plus un film de zombies. C’est Massacre à la tronçonneuse.
OB : De la chair, de la chique et du molard. Là, il n’y a pas vraiment de ça. Haute tension est pour moi un vrai film d’horreur.
MC : C’est une réussite d’exception dans le genre en France. La colline a des yeux qu’il a tourné aux Etats-Unis aussi, j’ai l’impression. Tu l’as vu ? Ça m’a l’air d’être hyper-sanglant.
OB : J’irai certainement pas voir ça.
Justement, comment vous situez-vous par rapport au genre ?
OB : J’ai toujours tendance à dire que je n’aime pas ça.
MC : Et allez vous faire foutre.
OB : Non, non, pas du tout (elle rit). J’adore les films qui jouent avec la peur…
MC : En la suggérant.
OB : Voilà. J’en ai vu quelques uns au final, des vrais films d’horreur comme Amityville. Massacre à la tronçonneuse, j’ai toujours eu l’impression de l’avoir vu alors qu’on a fait que me le raconter. Rien que dans le résumé, j’étais traumatisée. Je ne me précipite pas dans une salle pour aller les voir.
MC : Moi, c’est le contraire. Quand j’étais jeune, je n’allais voir que ça avec mes frères. Ça me traumatisait mais je ne pouvais pas m’empêcher de les voir. Aujourd’hui, j’ai un peu plus de mal parce que… Parce que je ne suis pas fou. Mais je crois que les gens aiment aller voir ce genre de films parce qu’ils voient à l’écran ce qu’eux-mêmes ne voudraient pas vivre. On a besoin de se voir à l’écran pour pouvoir sortir nos peurs.

