[INTERVIEW MARINA DE VAN] Deux films inédits, « Ma nudité ne sert à rien » et « Tous comptes faits », son livre « Lettre à ma chatte »… Entretien psy et cinéma avec la réalisatrice

Ma nudité ne sert à rien et Tous comptes faits sont les deux titres que la réalisatrice Marina De Van donne à son dyptique, marquant son retour à la réalisation. Et c’est une heureuse nouvelle d’en avoir, nous qui en réclamions. Nous avions même lancé un appel à témoin totalement improvisé pendant la dernière édition de l’Étrange Festival, lors de notre Carte Blanche chaos des 10 ans. Alors que nous présentions le court-métrage de fin d’études de la perdue de recherche, Bien sous tous rapports, sélectionné par nos soins, nous avions alors réclamé des nouvelles de cette cinéaste à une audience probablement désemparée, demandant pourquoi ses films, pourtant tournés, étaient visibles absolument nulle part. Mais le malaise n’avait pas eu le temps de s’installer qu’une spectatrice s’est propulsée en avant pour nous suggérer de lui poser nos questions en personne avec son 06 à l’appui. Les voies du chaos se sont alors ouvertes et plus une seconde à perdre. C’était réjouissant et le visionnage de Bien sous tous rapports annonçait d’ailleurs étrangement ce double autoportrait fictionnel Ma nudité ne sert à rien/Tous comptes faits, deux films que nous avons pu visionner et qui, selon nos informations, sortiront courant 2024.

INTERVIEW: GEOFFROY DEDENIS / PHOTOS: MARINA DE VAN

Tout d’abord, pour parler de la protagoniste dans Ma nudité ne sert à rien et Tous comptes faits, préférez-vous qu’on parle de Marina ou de vous?
Marina de Van: Ces deux films sont très autobiographiques, mais dans les deux cas, il y a des scènes scénarisées qui ne sont jamais arrivées. Par exemple, je ne suis pas devenue homo, je n’ai jamais suivi un couple à l’hôtel, je ne me suis jamais introduite dans une chambre… Enfin, des choses comme ça. Dans l’un comme l’autre, il y a des scènes sexuelles évidemment écrites, c’est dans ce sens là qu’il y a des transpositions, pas des reconstitutions, mais des transpositions de scènes imaginaires de choses qui sont vraies. On n’est pas dans du pur documentaire, c’est pour ça qu’il y a une dimension fictionnelle, mais ça reste un autoportrait.

Donc la portée documentaire passe d’abord par l’impro mais ça reste fictionnel?
Beaucoup d’impro oui, c’est improvisé mais par exemple il y a une scène d’un rapport sexuel qui tourne à la violence et ça, on a répété avec une cascadeuse.

Vous connaissiez les acteurs pour toutes les scènes de rencontres?
Fallait s’y coller, moi je n’aurais pas été à l’aise avec des acteurs. J’avais cherché des acteurs de films pornos et je me suis rendu compte que je ne serai à l’aise dans les bras de personne sauf d’amis que je connais très bien. Donc j’ai pris des amis que je connais très bien, comme ça je ne me sentais pas agressée, sinon je l’aurais mal vécu.

Dans vos deux films, le regard que la voix off extériorise rappelle parfois l’agressivité explicite de Dans ma peau, mais le langage remplace les lames.
Vous trouvez la voix off agressive par rapport au personnage? Moi, elle me semble douce. Après la lucidité, c’est toujours tranchant.

« Ma nudité ne sert à rien » de Marina de Van

Dans Ma nudité, vous vous filmez avec quelque chose tenant de l’autoscopie, c’est là dès vos premiers courts, notamment dans Bien sous tous rapports. C’est un dispositif que vous travaillez en continu?
Je fais les choses de manière instinctive alors je ne sais pas très bien situer dans un contexte, ce n’est pas du tout intellectualisé. Donc c’est possible mais je n’en ai pas conscience.

D’habitude on reste à l’extérieur de vos personnages, alors qu’ici on est dans la tête de Marina.
Sans une voix qui raconte un peu et qui lie les morceaux entre eux, ça ne tenait pas debout, c’était trop radical. Donc il fallait quand même que la voix soit là pour faire une liaison, pour relier les choses entre elles, et en même temps pour expliquer un petit peu l’intériorité du personnage. Justifier les scènes. Par exemple, dans Ma nudité ne sert à rien, il y a une scène avec le film Flashdance, mais on en parle plus tôt en off. Et puis ça sert à donner le point de vue du personnage. Dans un film de fiction, vous avez souvent des dialogues qui nous racontent un peu les états d’âme des personnages à travers leurs échanges. Mais là, il n’y a pas de dialogue, c’est sur la solitude, donc il n’y a rien qui véhicule ce que vit l’héroïne. On est pas dans un film traditionnel.

Ces films ont un style s’approchant de ce que vous avez pu écrire.
On a le même ton, oui, du coup ça devient un objet littéraire.

Le texte était écrit avant le tournage?
Je l’ai écrit au fur et à mesure du montage. Tout était filmé, on avait un premier montage et j’ai commencé à écrire des voix off aux endroits où on avait envie d’avoir une voix off, au montage, pas avant.

Donc la voix commentait les images filmées et le montage s’adaptait en fonction?
Oui, un ajustement réciproque.

Vous avez tourné Ma nudité ne sert à rien sans texte et Tous comptes faits avec?
Dans le premier, j’avais une liste de scènes que je voulais tourner mais je n’avais aucun ordre en tête. Donc ça s’est vraiment écrit au montage. C’est tourné de façon très expérimentale.

Et l’idée s’est faite comment?
Juste avant de tourner. J’ai déjeuné avec un producteur et j’ai dit: «Je voudrais faire un film où je serais toute nue du début à la fin et ce sera sur la solitude, mais je n’ai rien de plus à en dire» et il m’a dit d’accord. Et donc on a organisé les choses et j’ai tourné directement.

Vous aviez déjà travaillé avec lui?
Oui, sur Dark Touch.

« Dans ma peau », le premier long métrage de Marina De Van

Est-ce que le désir d’Esther de Dans ma peau, votre premier long métrage, est comparable à celui de Marina dans Ma nudité et Tous comptes faits?
Je ne sais pas quoi vous dire parce qu’il est autobiographique aussi Dans ma peau, donc à partir de là. Qu’il y ait quelque chose de commun entre tous les autoportraits que je fais de moi, c’est assez logique, même au fil du temps. Enfin on a souvent un caractère qui change assez peu. Souvent ça devient pire (rires). Voilà c’est assez logique donc qu’il y ait des points communs avec ça.`

En tous cas on avait déjà cette idée de perte, de passage du temps dès Alias votre court métrage, vous avez toujours eu ce pressentiment d’angoisse dès la jeunesse?
Vous voyez de l’angoisse dans Ma Nudité? C’est pas conscient non plus. Ce n’est pas une obsession non.

Je parle de cette volonté de conservation des choses telles qu’elles sont, vouée à l’échec.
Je sais pas quoi vous dire. Sans doute c’est une chose qui me caractérise et c’est pour ça que je ne le vois pas. On a du mal à se voir soi-même, même en faisant des films. Moi j’ai pas de recul, je me dis: «Tiens c’est ma peau, tiens c’est mes chattes…» J’ai aucun recul, donc je ne sais pas, ce n’est pas une réflexion, je n’analyse pas du tout ce que je fais. Donc souvent les gens en ont une perception plus aiguisée, plus pertinente que la mienne.

Vous avez commenté Ma Nudité et Tous comptes faits, et en un sens c’est déjà de l’analyse.
C’est de l’analyse sur ma vie et pas sur ma pratique cinématographique, il n’y a pas d’analyse du geste cinématographique.

Pour en revenir au corps, ça a à voir avec votre métier d’actrice ou c’était une chose présente de façon inhérente?
J’étais pas actrice moi à la base. Oui j’ai joué, mais c’était pas mon métier du tout donc…

Mais concernant ce dont on vient de parler, la conservation des choses, la représentation… est-ce que c’était déjà là avant?
C’était déjà dans ma vie c’est pour ça que c’est autobiographique donc c’est… Non je sais pas quoi répondre, précisez votre question.

Le fait d’être actrice, c’est un truc très particulier. D’ailleurs je pense que beaucoup pourront s’y retrouver, dans le fait de se regarder. Est-ce que le fait de jouer a amplifié ce sentiment, cette peur de la disparition de quelque chose?
Oui, sûrement. Aussi par rapport à l’histoire du vieillissement tel que c’est abordé dans Ma nudité ne sert à rien. C’est une façon de capter mon image à l’âge que j’ai, dans l’idée de peut-être le refaire plus tard aussi. Enfin, fixer un état du corps à un moment. Dans Dans ma peau, j’avais 30 ans, dans ces deux films beaucoup plus. Ça me fascine assez d’enregistrer mon visage à des âges différents. Après peut-être que dans dix ans, je n’aurai plus envie de voir mon visage sur un écran, mais bon.

Justement, à quel moment ce dispositif de miroir se tourne vers les autres? Quand décidez-vous de partager cette fascination qui pourrait rester en vase clos?
Non, mais il y a le désir d’expliquer comment je suis et que sur cette base les autres et moi on se comprenne.

Donc sortir de quelque chose de presque autistique.
Oui.

Et c’est davantage une monstration qui relève du plaisir et de la fascination ou d’un épuisement?
Plutôt de l’épuisement, ouais.

Oui, c’est ce qu’on sent dans le premier, c’est pour ça que tout à l’heure j’ai pu dire «agressif». C’est pas que c’est agressif, mais il y a une violence.
Mais ça, ça m’appartient, la violence, apparemment, puisqu’on me le reproche souvent.

C’est une autre forme de violence avec ces deux films, qui ne passe pas par les effets visuels, mais par le texte, ça rappelle davantage vos livres.
Oui, c’est le même style, les voix off et les livres c’est le même ton, le même registre.

Vous mettez ces deux films à part dans votre filmo?
Oui, ils sont plus expérimentaux, c’est presque une hybridation entre les livres et les films.

Vous avez été tentée d’appeller le personnage autrement, ou même de prendre une actrice, histoire de garder une distance, par sécurité?
Quelle sécurité? (rires). Non non non, je l’aurais très mal vécu. En plus, ça n’aurait pas été possible une actrice pas payée. Mais ça ne m’aurait pas intéressée du tout. Je voulais capter mon quotidien à moi, pas celui d’une femme en général. Et puis alors pour trouver une fille qui veut rester à poil du début à la fin, non non, moi je voulais me filmer moi.

Dans vos films, il y a toujours eu ce sentiment, pas de solitude mais, d’inadéquation au monde…
Vous avez lu mon livre Lettre à ma chatte?

Non du tout.
Eh bien Lettre à ma chatte, c’est la réponse à votre question. C’est le dernier, ça date de 2022. Ça se lit en 45 minutes, c’est une lettre, à ma chatte et c’est sur mon incapacité depuis l’enfance à communiquer avec les autres. C’est là-dessus. En tous cas, oui, il y a toujours eu un gros enjeu pour moi à communiquer une réalité effectivement un peu autistique, je n’arrive pas du tout… Je n’arrivais pas du tout à communiquer avec les autres. À comprendre les codes des échanges, on trouvait toujours que j’étais trop violente, trop flippante… Je l’ai fait pour que les autres et moi, on se comprenne. Donc c’est ça qui est raconté dans Lettre à ma chatte: comment quelqu’un qui ne peut pas aimer les autres se retrouve à aimer follement un animal. Et pourquoi il y a cet amour fou pour un animal et pas pour les gens… Ça ne veut pas dire que je n’aime pas les autres hein, mais…

Question de proximité… vous devez vous sentir plus proche d’un animal que d’un autre être humain.
Oui… Mais ça a changé… En fait, le truc, c’est que quand j’ai fait Dans ma peau, mon but c’était de cesser de m’automutiler. Je me suis dit, si je le mets dans un film et que je filme ce que j’ai fait, je ne pourrai plus le refaire puisque j’aurai l’impression de me parodier moi-même. Et ça a marché, je ne l’ai jamais jamais jamais refait. Ça s’est arrêté comme ça. Et quand j’ai écrit Lettre à ma chatte, mon rapport aux autres a guéri. Après 50 ans de pas guérie. Et tout d’un coup, en un livre, guérie. Une fois que c’était formulé. Et puis aussi, les autres ont mieux compris mon impuissance.

Ça ne pouvait se faire que par le biais d’un medium?
Oui.

En même temps c’est pratique parce que tout le monde peut le lire et vous n’avez pas besoin de répéter encore et encore la même chose aux gens.
Oui, c’est efficace.

C’est récent alors… C’était après Ma nudité ne sert à rien?
Oui.

Mais il y avait un pressentiment du chat dans Tous comptes faits, quand vous écrivez une lettre «en cas de décès» et, de mémoire, tout ce qu’on peut lire concerne exclusivement le chat.
Et dans Tous comptes faits, il y a deux chattes en fait, mais on s’en rend pas compte parce qu’elles sont de la même race. Dans Ma Nudité il y a une seule chatte et dans Tous comptes faits il y en a deux.

Et les autres films? C’est toujours pour régler quelque chose en particulier?
Ben, avec Ne te retourne pas, oui. J’ai cessé d’avoir des impressions d’irréalité, de dépersonnalisation, d’étrangeté au réel, de ne pas savoir si je suis moi-même ou quelqu’un d’autre. J’ai des angoisses comme ça que j’ai toujours trimbalé. Et ça, c’est Ne te retourne pas qui s’en est occupé. Et c’est parti.

Tournage de « Ne te retourne pas » de Marina De Van

Ça marche très bien dans ce film, on a du mal à savoir quand il y a des altérations ou non, ce travail d’effets «discrets» est pionnier vraiment. Vous ne brossez pas le spectateur dans le sens du poil, c’est courageux.
C’est gentil.

Et chaque fois vous en êtes revenue donc, on peut dire que…
La vertue thérapeuthique a fonctionné.

On nous sort ça à toutes les sauces, mais pour vous ça a servi d’…
(elle coupe) Exutoire. Oui ça fonctionne bien.

Pour en revenir à Ma nudité ne sert à rien et Tous comptes faits et à cette représentation de l’attente, ne s’agit-il pas d’un élément commun aux actrices, voire à toutes les personnes créatives en général, qui passent de périodes surchargées au désœuvrement complet?
Pour moi, c’est plutôt ma vie de réalisatrice que d’actrice, n’étant pas actrice. Je n’attends pas du tout du travail. Moi ce que j’attends, c’est que mes films à réaliser se concrétisent. Elle est par rapport à ça l’attente, par rapport à la réalisation, pas au jeu. Je ne pense jamais au jeu. De toute façon, j’ai très peu de chance de jouer, sauf dans des courts-métrages, mais sinon je suis pas bankable donc, voilà.

Mais vous jouez bien.
Merci.

Est-ce que vous dissociez le créatif du pathologique?
Dans l’absolu oui, mais pas dans mon cas. Mes angoisses, mes troubles sont transposés dans des histoires et donc il y a un prolongement du pathologique à la création. Mais sans parler de pathologie, tout le monde fait des films pour exprimer qui il est et transmettre des choses intimes, même dans le cas de fictions totales. On est toujours quelque part dedans.

Finalement ça vous permet de cadrer les problèmes, plutôt que d’avoir un gros… bordel, vous ciblez des soucis spécifiques en les mettant en forme.
Ouais.

Par rapport à la structure, vous vouliez deux films distincts dès le départ? Vous aviez une organisation précise en tête?
Je n’avais rien en tête, sinon faire des films. Mais oui Tous comptes faits n’était pas comme Ma nudité, il y avait un scénario… qu’on n’a pas respecté. On l’a filmé, on l’a monté, ça marchait pas donc je suis repartie en tournage et j’ai réinventé toute une trame qui n’était pas là sur la quête sexuelle. Dans le film de départ, il y avait déjà le rapport avec Anna Mouglalis. Mais il n’y avait pas le questionnement du personnage sur son orientation sexuelle comme «est-ce que finalement je ne suis pas lesbienne ou etc». C’est pour ça que j’aime bien qu’on voit Ma nudité avant Tous comptes faits, parce que tout d’un coup on se dit «bon ça marche pas avec les hommes ça fait des années, peut-être qu’il faudrait essayer les femmes». Et ça aussi c’est une question autobiographique, où je me disais «tiens je suis célibataire depuis longtemps peut-être que je serais mieux avec une nana», sauf qu’en fait, vous pouvez pas. Quand c’est pas vos fantasmes, ça marche pas, quoi. En tous cas pour moi. Donc dans le film, on fait en sorte que ça marche, et qu’elle ait cette relation avec Anna Mouglalis, mais dans le réel, moi il m’a suffit de sortir une seule fois dans un bar féminin pour comprendre que j’étais complètement hétéro (rires)

Ça marche pas toujours en une fois.
Oui, mais faut être motivé pour insister. J’adore les femmes, j’adore la compagnie des femmes, j’adore la beauté des femmes, j’aime bien la tendresse, mais sexuellement c’est pas du tout ça. Mais après peut-être que si une femme comme Anna Mouglalis se mettait en tête de m’avoir, ce sera peut-être possible, si elle arrive à me troubler. Mais spontanément comme ça, à froid, c’est non. C’est pour ça que Tous comptes faits est beaucoup plus fictionnel que Ma nudité ne sert à rien, qui n’est pas du tout fictionnel. À part le happy end.

Oui, on se demande d’ailleurs à la fin…
Elle va peut-être se trouver un mec…

Dans Ma nudité ne sert à rien et Tous comptes faits, on revoit exactement la même séquence de Dans ma peau.
Je me rappelle pas, on en a pas eu conscience.

Est-ce que c’est toujours à travers une expérience de douleur que vous parvenez à créer?
Oui. Mais en même temps dans un film, si les choses se passent bien, il n’y a pas de film.

On retourne à la question de la sensibilité et on se demande en connaissant Esther de Dans ma peau, et Marina dans Ma nudité ne sert à rien et Tous comptes faits, ce qu’il y a de préférable entre l’insensibilité et la vulnérabilité?
C’est quand même plus agréable d’être vulnérable que de ne pas l’être.

Quand bien même ça fait souffrir?
Être fermé et froid, c’est pas très joyeux non plus.

Et à la fin du Tous comptes faits, on garde un suspense, on est à un SMS du drame.
Ça reste un état fragile. Mais je préfère avoir de l’émotion. On a tendance à me voir comme une tête brûlée, mais j’ai la tête froide.

Dans ces deux films finalement, Marina cherche l’amour «véritable» ou l’amour propre?
Je ne sais pas. Les deux me conviennent.

FYI, Lettre à ma chatte est disponible en publication à la demande.

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