Si le concept d’un réalisateur français n’ayant réalisé aucun film en France et dont les films ne sont d’ailleurs jamais sortis sur notre territoire peut sembler étrange, Jean-Baptiste Andréa en est l’exemple parfait. Après un Dead End réalisé en 2003 et toujours inédit en France (sa sortie est prévue directement en DVD pour Octobre prochain), le second métrage du réalisateur, Big Nothing, arrive cette semaine (en premier !) lui aussi directement dans les bacs. Mélange de thriller et de comédie, Big Nothing raconte l’histoire d’une petite arnaque organisée par trois loosers, dégénérant complètement avec une accumulation de cadavre imprévue. David Schwimmer (Ross dans Friends), Simon Pegg (Shaun Of The Dead, Hot Fuzz) se partagent la tête d’affiche.
Y a-t-il une volonté de contraster le choix des acteurs (comiques – Pegg et Schwimmer) avec l’atmosphère du film ?
Absolument. J’aime l’idée d’un film qui ne rentre pas dans une case précise. Je pense que tout le monde connaît les recettes cinématographiques aujourd’hui, elles sont resservies à toutes les sauces, donc je voulais, comme dans Dead End, emmener le spectateur dans un voyage qui ne serait pas forcément prévisible, ou ne se déroulerait pas comme il l’attendait. D’où le choix d’acteurs qu’on ne voit pas nécessairement dans des situations comme il s’en produit dans Big Nothing.
Quelle est la signification du titre « Big Nothing » ?
Ce «grand rien» est une métaphore de leur voyage, de l’énergie, les ressources d’inventivité, d’humour et de malhonnêteté qu’ils déploient… pour un résultat qui n’est pas exactement celui qu’ils attendaient.
La séquence la plus dure à tourner ?
Il n’y en a pas une en particulier. Dans l’ensemble, le film a été techniquement difficile à tourner parce que nous avons dû nous partager entre trois pays pour figurer l’Oregon. Donc un acteur ouvrait la porte d’un bar dans un pays, pénétrait dans le bar dans un deuxième pays et en ressortait dans un troisième. Le tout sur six semaines de tournage seulement, c’était à en devenir fou. Mais je crois qu’on s’en est bien tirés !
Le film est un peu trash sans l’être totalement : vous êtes vous un peu auto-censuré ?
Un petit peu mais pas énormément. Si je m’écoutais, les changements de ton seraient encore plus brutaux, mais certaines âmes sensibles me reprochent déjà une certaine brutalité dans le mélange des genres. J’assume, mais j’essaie en même temps de rendre le concept accessible au plus de gens possibles !
D’où vient votre parti pris de mise en scène sur les contres plongées ?
L’idée est que Big Nothing est un conte de fée ou tout fonctionne à l’envers. Comme un négatif. Je voulais que les angles et la caméra reflètent cette « hyper-réalité ». C’est réel, et en même temps pas complètement.

