Tous les étés en Corse, il fait chaud, très chaud. Et avant même que la canicule ne soit dans toutes les bouches, une allumette, une goutte de trop, une étincelle, suffisait à transformer le maquis en brasier. D’où Il faut regarder le feu ou brûler dedans, ce court poème anar et brûlant de Caroline Poggi et Jonathan Vinel, qui ont bien connu les parenthèses estivales au goût de cendre. Tourné façon gonzo, il montre Caroline elle-même en pyromane décidée: pour attaquer le béton qui galope, pour répondre à la planète qui crève, contre le monde entier, elle préfère détruire plutôt que de réparer. L’essence au bout des doigts, la silhouette encapuchonnée crame sur des airs pops au rythme des canadairs. Le lyrisme du duo nous fait tout avaler comme d’habitude, même deux flammes pixelisées pour simuler un incendie. Un air d’apocalypse triste, un cri dans la macchia. Ça réchauffe en attendant leur nouveau long Eat the Night. Et c’est à découvrir en cliquant sur ce lien. J.M.

