« I saw the TV glow », « Conclave », « Almamula », « The Rise of the Golden Idol »… la sélection du vendredi

Du cinéma, du Blu-ray, du jeu vidéo, du 2.0… c’est la sélection chaos du vendredi par la rédaction. Si on devait vous proposer de découvrir notre dernier coup de foudre, ce serait celui-ci…


QUENTIN BILLET-GARIN: Barbaque de Fabrice Eboué (SVOD)
Fabrice Eboué, le plus grand humoriste de France, fabrique avec Barbaque une comédie sociale simple et honnête, hérité d’un sketch fou, magnifique sur les végans. Ainsi, quand l’on apprend la sortie, en avril 2025, la sortie de son prochain long-métrage, Gérald le Conquérant, qui va raconter l’épopée d’un Normand en plein fanatisme de l’Histoire de sa région (pour y construire un Puy-Du-Fou bis), la simple envie de revoir Barbaque se dresse comme une évidence. Pour rire des phénomènes de sociétés (ici, le véganisme), sans avoir la prétention de juger, en toute simplicité. Et pour encore mieux rire, en décomplexion assumée, de la vague politique et sociale qui arrive: l’extrême à la française. La vraie.


MORGAN BIZET: I saw the TV glow de Jane Schoenbrun (cinéma)
Deuxième film de Jane Schoenbrun, après We’re All Going to the World’s Fair, plus classique dans sa forme (on est bien chez A24), un côté doudou un peu lénifiant, mais nappé d’une atmosphère étrange et mélancolique envoûtante. En ressort un film inégal mais touchant sur l’adolescence, le vide émotionnel et ce que c’est que d’être mal dans sa peau (et en tant que personne trans non-binaire, Jane Schoenbrun en connaît un rayon). Comme l’impression de m’être reconnu par moments dans ce récit. Quelques belles visions resteront.


LUCIE CHIQUER: Conclave de Edward Berger (cinéma)
Des divas en robes rouges qui passent leurs journées à arpenter les couloirs et à vapoter, entre commérages et petites manigances: non, on ne parle pas ici de lycéennes mais bel et bien de cardinaux en pleine élection du prochain pape. Au cœur du Vatican, Ralph Fiennes et Stanley Tucci s’embourbent dans un complot politique en vase clos où se heurtent les ambitions de chacun sur fond de sous-texte drôlement camp. Entre Mean Girls et Conclave, il n’y a que quelques pas: si vous avez aimé l’un, vous aimerez forcément l’autre.


GÉRARD DELORME: Conclave de Edward Berger (cinéma)
Il fallait une sensibilité anglo-saxonne pour traiter de façon simple ce sujet complexe (l’élection d’un nouveau pape), que les italiens ont trop souvent traité avec leur exagération coutumière. Sous la direction du réalisateur Edward Berger (A l’ouest rien de nouveau), les scénaristes de La taupe et Ghost writer en ont fait un thriller à suspens rempli de coups de théâtre, soutenus par une interprétation exceptionnelle. Malgré l’austérité apparente, c’est parfois drôle, jusqu’au twist final qui a incité les catholiques américains à se demander sérieusement si c’était un péché d’aller voir ce film.


ROMAIN LE VERN: Almamula de Juan Sebastian Torales (Blu-ray)
Du désir, du fantastique (voire de l’horreur), de la chair, du sang, de la satire sociale… Tout clignote chaos dans ce beau long métrage aussi sensuel que troublant sorti dans une relative discrétion cet été, mais qui mérite toute votre attention.


JÉRÉMIE MARCHETTI: Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman (SVOD)
Jeanne Dielman à portée de clics, c’est quelque chose qu’on n’aurait pas imaginé un jour. Et une bonne excuse pour prendre trois heures de sa vie, confortablement installé, et partager l’intimité mystérieuse de Jeanne, cette veuve dont le train-train va dérailler là où on ne l’attend pas. Du petit rien devenant immense, on peut bien y projeter ce qu’on veut: une suite spirituelle de Belle de Jour (on pourrait s’imaginer le personnage de Severine, vingt ans plus tard), un « psychotic women movie » qui s’ignore, une expérience ASMR au royaume des patates à l’eau, un grand film sur l’aliénation domestique, une ode à l’ennui qui tue, une exploration des vivants plus morts que vivants… Avec un décor d’une tristesse à pleurer et une actrice légendaire, Akerman en a sorti une œuvre monumentale. Dispo sur Arte.


THIBAULT RIVERA: The Rise of the Golden Idol (jeu vidéo)
Les deux frères lettons à la tête du studio Color Gray Games avaient surpris leur monde en 2022 avec The Case of the Golden Idol, un jeu d’enquête inspiré des mécaniques déductives de Return of the Obra Dinn – comprendre des jeux qui vous demandent réellement de réfléchir – et aux géniaux graphismes tout droit sortis des fichiers Paint de votre petit frère. Laissant derrière eux le XVIIIᵉ siècle colonial, les développeurs ont effectué un décalage dans le temps avec cette suite express (deux ans seulement de développement) pour se concentrer sur les 70s américaines. Paranoïa, sociétés secrètes et assassinats politiques sont donc au rendez-vous, dans ce qui est en fin de compte un parachèvement mécanique et esthétique du jeu précédent. Quand on tient une formule aussi géniale, l’itération n’est-elle pas finalement la réponse aux allongements de temps de production qui gangrènent l’industrie?


GAUTIER ROOS: Senza sapere niente di lei / Sans rien savoir d’elle de Luigi Comencini (ressortie cinéma)
Un faux giallo down-tempo – c’est-à-dire un joli mélo – inédit dans les salles françaises et portant en lui l’un des plus subtils scores morriconiens de l’histoire : merci la Cinémathèque de Bologne, merci les Films de Camélia ! <3 Au Christine Cinéma Club (présentation par Nicolas Saada le mardi 10)

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