C’est l’histoire de deux zinzins ayant squatté sans relâche la télévision anglaise, qui se lancent au cinéma avec ce qu’on pourrait considérer comme une des comédies les plus invraisemblables des années 1990: Rick Mayall et Adrian Edmonson (mari de Jennifer Saunders, à croire que ces deux-là se sont bien trouvés…) cherchaient à renouveler l’expérience de leur show Bottoms, où ils incarnaient deux vieux garçons débiles et hystériques s’agitant dans des séquences où l’irrévérence et le mauvais goût faisaient bon ménage. Ils reviennent endosser le costume de leurs personnages Rickie et Eddie pour Guest House Paradiso, prolongement ciné de leur série. Bizarrement, et ce, malgré son absence totale à la télévision française, le film sortira tout de même chez nous avec deux ans de retard. Ayant une tendre pensée pour les non-avertis s’étant, à l’époque, engouffrés dans la salle… et qui ont dû se demander ce qui leur était arrivé!
Humour anglais délirant, mauvais esprit, grimaces à tous les étages… les plus pressés citeront les Monty Python, mais en réalité le non-sens du duo Mayall/Edmonson déborde d’une veulerie et d’une crasse rarement vus chez la troupe de comiques british. La tendance aux débordements graphiques et aux odeurs interdites voguent curieusement davantage vers l’humour US, avec des éclairs dingo digne de Chuck Jones, des ZAZ ou de la Troma. Autrement dit, le genre de pitreries peu délicates qui va définitivement tacher votre moquette. Bienvenue donc au Paradiso, présenté ni plus ni moins comme le pire hôtel du monde (et c’est vrai) avec pire emplacement (isolé entre une falaise et une usine de déchets toxiques), hygiène des locaux douteux, personnel inexistant, proprio tarés… Richie est un obsédé sexuel hypocrite et violent rêvant de tirer son coup alors que son camarade Eddie est un abruti à peine capable d’aligner deux mots. Alors que les deux idiots composent avec les clients du moment (on y croise d’ailleurs Simon Pegg et Bill Nighy), une actrice italienne en fuite (nommée… Gina Carbonara) trouve refuge dans leur manoir aux horreurs. Mais le mari de celle-ci, incarné par un Vincent Cassel baisant tout ce qui bouge (!!!), laisse planer une nouvelle menace sur ce joyeux bordel.
Impossible en réalité de décrire l’amoncellement d’hilarantes atrocités qui se succèdent dans Guest Hotel Paradiso, chaque dérapage malaisant se chargeant d’empirer dans la seconde. Parmi les grands moments, citons tout de même l’indélicat Richie prisonnier en tenue de latex dans un four (!!) ou un brutal et interminable combat dans une cuisine virant au cartoon live. L’atmosphère poisseuse, tendance sol qui colle aux semelles et murs défraîchis, avec décors studios oppressants et maquettes mal détourées, ajoutent à la saveur caoutchouteuse du film. Le pinacle de cette énorme farce sera atteint lors de la plus longue scène de vomi jamais filmée au cinéma, sorte d’équivalent gastrique du final gore de Braindead. J.M.
30 mai 2001 en salle | 1h 29min | ComédieDe Adrian Edmondson | Par Rick Mayall, Adrian Edmondson Avec Rick Mayall, Adrian Edmondson, Vincent Cassel Titre original Guest House Paradiso |
30 mai 2001 en salle | 1h 29min | Comédie

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