« Hiruko the Goblin » de Shinya Tsukamoto: le réalisateur de « Tetsuo » a une araignée au plafond

Après le révolutionnaire Tetsuo, le génial Tokyoïte a réalisé des longs métrages versés dans le cyberpunk, l’ultraviolence trash et l’audace formelle. Hiruko the Goblin, qui est aussi son premier film de commande, ressemble en comparaison à un gentil film d’horreur qui, par son classicisme, finit par ressembler à une bizarrerie.

Un professeur de lycée et son élève disparaissent mystérieusement pendant les vacances d’été. Avant de s’évaporer dans la nature, le premier avait contacté un archéologue aux méthodes excentriques, pour lui faire part d’une étrange découverte qu’il venait de faire. Le scientifique débarque alors dans le village et part à la recherche de son ami aux côtés du fils du professeur. Ensemble, l’improbable duo va découvrir que le lycée se trouve au-dessus d’un ancien tumulus qui pourrait bien être une porte souterraine de l’enfer… Soyons clairs: on n’aurait jamais imaginé qu’un jour, l’infernal gobelin de métal qui avait fait naître la bombe Tetsuo en 1989, préoccupé par la mutation d’un homme en machine, l’imbrication de la chair et du métal perçue comme le moyen de revitaliser un univers urbain déliquescent, réaliserait un simple film de commande pour un studio. Et pourtant, c’est bel et bien ce qui s’est passé plus tôt que prévu (deux ans après) avec ce film d’horreur assez grand public et légèrement schizo sur les bords. Hiruko the Goblin marquait la première rencontre entre Shinya Tsukamoto et les exécutifs des studios – en l’occurrence, ceux de Shochiku qui, tout en lui allouant un budget fort confortable, ont toutefois bloqué ses idées les plus déviantes dans ce yokai movie à base d’araignées à têtes humaines, adapté de l’œuvre du mangaka Daijiro Morohoshi. Juste un petit moment à serrer les dents avant de retrouver la ville qu’il adore détester, certes, mais pas de quoi en passer un mauvais tant, en termes de mise en scène, on reste au-dessus de la moyenne.

Présentation du film par Jean-Pierre Dionnet (4’05”)
2 entretiens avec Shinya Tsukamoto (4’39” + 7’58”, VOST)
Entretien avec Takashi Oda (4’03”, VOST)
«Les Effets spéciaux» : Takashi Oda à l’oeuvre sur les créatures Hiruko-qui-marche et Hiruko-poisson (2’29”, VOST)
Bande-annonce originale restaurée (2’08”, VOST)

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