« Green Room », nouvelle sensation de l’horreur

« Green Room » assure après son excellent « Blue Ruin », que Jeremy Saulnier aime beaucoup le cinéma de genre et qu’il en fait du très bon.

La « green room », c’est la pièce où attendent fébrilement les groupes avant de monter sur scène. Ce lieu de toutes les tensions se révèle le cœur névralgique de ce Green Room, thriller horrifique présenté en compétition au Festival de Deauville après un passage remarqué à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. On est très contents de le découvrir dans ce cadre-là.
Jeremy Saulnier, à qui l’on doit Murder Party (une petite parodie goreuse sans prétention) et Blue Ruin (un thriller très proche du Sang pour Sang des Coen bros), réalise avec ce troisième long métrage un fantasme vieux de 10 ans : un « film de siège » à la John Carpenter doublé d’un survival faisant appel à son passé (il a fait partie d’un groupe punk rock), à ses fantasmes (se produire sur scène lui donnait la sensation d’être dans Mad Max), à ses souvenirs aussi sans doute (revoir le clip Two Tribes de Frankie Goes To Hollywood).

Punks VS Skins

Ainsi, des punks en quête de gloire et de reconnaissance parcourent des villes atroces, accumulent les prestations dans des salles de concerts miteuses. Ce jour-là, ils se produisent sur scène devant des skins très énervés. Au moment de filer, l’un des membres de cette formation punk part récupérer un portable oublié dans la green room et, tenez-vous bien, tombe sur le corps inerte d’une jeune femme, un couteau planté dans la tête. Oups. Les gentils punks se retrouvent cernés dans la green room par les méchants nazis. Pour survivre, ils vont devoir lutter contre ceux qui veulent les éliminer.

Vous avez bien compris, Green Room ça raconte « punks versus skins » et c’est tout. Genre t’es vraiment punk? Bah prouve-le. Genre t’es vraiment skin? Bah prouve-le. Et il faut avouer qu’à ce petit jeu, les personnages se débrouillent très bien. S’il était sorti des décennies plus tôt, on parie que cette accumulation de tags sur Imdb (Punks + Nazis + cutter + chevrotines + PitBull + gunfight + défiguration + Hannibal) aurait constitué un diamant méconnu sur les étagères du vidéo club. Sans atteindre le niveau d’une greffe inédite comme It Follows de David Robert Mitchell l’année dernière, grande sensation horrifique de Deauville 2014, le plaisir avec lequel il a été conçu se révèle infectieux qu’il devient le nôtre en le regardant. C’est le principal.

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